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Un béluga repéré au large de San Diego, (très) loin de chez lui

Crédits : capture d'écran Youtube

Un béluga a récemment été filmé au large de la Californie, aux États-Unis, évoluant à des milliers de kilomètres de son habitat naturel. Certains évoquent un animal désorienté, quand d’autres préfèrent imaginer une grande aventure.

Reconnaissables à leur allure fantomatique, les bélugas (Delphinapterus leucas) vivent normalement dans les eaux arctiques et subarctiques, qui courent le long de la Sibérie jusqu’en Alaska. Certaines populations évoluent également au nord-est du Canada.

D’où la surprise du capitaine de tournée d’observation des baleines à San Diego, Domenic Biagini, lorsqu’il entend à la radio, le 26 juin dernier, plusieurs témoignages évoquant la présence de l’un de ces cétacés au large des côtes. Plusieurs de ces rapports semblaient en effet décrire un animal blanc de plus de quatre mètres de long.

Perplexe, il décide alors de prendre la mer, muni de son drone. Un peu plus de 45 minutes plus tard, il doit se rendre à l’évidence : ce n’était pas une baleine à bosse, ni une orque, ni l’une des autres espèces qu’il voit habituellement lors de ses excursions. « Indéniablement, sans équivoque, un béluga est apparu devant moi, a-t-il expliqué. C’était tellement bizarre, si étonnant ! ».

Effectivement, si plusieurs cas d’individus errants ont déjà été répertoriés dans des eaux plus méridionales – notamment en Belgique, en France métropolitaine, ou encore dans la Tamise – jamais l’un de ces animaux n’avait été aperçu aussi loin au sud. Officiellement, c’est donc un record.

« J’aimerais penser que c’est une grande aventure »

Pour information, la population de bélugas connue la plus proche est située en Alaska, à plus de 4 000 kilomètres du lieu d’observation. Mais alors, que faisait ce béluga aussi loin de chez lui ? Et pourquoi était-il seul, alors que son espèce est connue pour être profondément grégaire ?

Alisa Schulman-Janiger, associée de recherche au Natural History Museum de Los Angeles, a déclaré à National Geographic qu’il est possible que le béluga ait décidé de faire l’un des plus grands voyages de sa vie. Après tout, les cétacés sont des explorateurs connus. Néanmoins, une aventure en solo à plus 4 000 km de son aire de répartition d’origine laisse la chercheuse perplexe.

Il est également possible que l’animal soit malade ou désorienté, explique-t-elle. Nous savons en effet que l’augmentation du trafic océanique rend les environnements marins beaucoup plus “assourdissants”, semant la confusion chez les animaux qui dépendent de l’écholocation pour se déplacer.

Toutefois, les différents rapports sur l’état de l’animal semblent indiquer que ce dernier se porte bien. Aucun signe physique ou comportemental anormal évident suggérant un individu en détresse n’a en effet été détecté.

« J’aimerais penser que c’est une grande aventure », a poursuivi Alisa Schulman-Janiger, soulignant qu’il n’aurait aucun problème à trouver de quoi se nourrir, même si le menu californien est un peu différent de ce qu’il a l’habitude de manger.