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Un astéroïde inhabituel (avec une queue de comète) repéré par la NASA

Crédits : JD Armstrong / IfA / LCOGT

Nous imaginons souvent les astéroïdes et les comètes comme des types de corps bien distincts, mais le fait est que ces objets peuvent parfois se confondre. En témoigne la nouvelle découverte d’un astéroïde « actif », repéré dans le sillage de Jupiter.

Les astéroïdes troyens sont des astéroïdes qui partagent l’orbite de la planète Jupiter autour du Soleil. Ils ont été amassés par la géante il y a plusieurs milliards d’années, piégés par son immense attraction gravitationnelle. Ces objets se divisent en deux sous-groupes, avec d’un côté le « camp troyen » et d’un autre le « camp grec ». Les premiers sont en avance sur Jupiter (devant sur la ligne d’orbite), les seconds sont en retard (derrière Jupiter sur la ligne d’orbite).

Tous ces objets sont connus pour être « inactifs ». Enfin, pas tous. Repéré par le système d’alerte ultime d’impact d’astéroïde ATLAS, l’un d’eux est récemment apparu encore « actif », libérant une jolie queue à la manière des comètes en approche du Soleil. Plusieurs de ces objets inhabituels avaient déjà été repérés par le passé, mais c’est une première pour la famille des astéroïdes troyens.

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Crédits : Université d’Hawaï à Manoa

D’abord confondu avec une comète

Lorsque LD2 2019 (son nom) a été découvert en juin 2019, son aspect flou laissait dans un premier temps penser qu’il pouvait s’agir d’une comète. Des opérations de suivi ont également confirmé ces soupçons. Plus tard, en juillet 2019, de nouvelles images fournies par ATLAS ont de nouveau révélé un objet ressemblant à une comète, avec une faible queue, probablement composée de poussière ou de gaz, toujours bien présente.

L’objet est ensuite passé derrière le Soleil et, dès sa réapparition dans le ciel nocturne en avril 2020, ATLAS a de nouveau confirmé sa nature cométaire. Ces observations ont également suggéré que LD2 2019 est probablement actif en continu depuis près d’un an.

Mais alors qu’ATLAS a découvert plus de 40 comètes, ce qui rendait cet objet extraordinaire, c’était son orbite. Des études de suivi faites par d’autres télescopes ont finalement révélé qu’il s’agissait non pas d’une comète, mais d’un astéroïde. Et donc d’un astéroïde « actif ».

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Vue d’artiste des astéroïdes troyens de Jupiter (pas à l’échelle).
Crédits : NASA / JPL-Caltech

Une origine encore inconnue

Mais alors, pourquoi celui-ci dégage-t-il autant de matière, tandis que tous les autres sont inertes ?

« Nous croyons depuis des décennies que les astéroïdes troyens devraient avoir de grandes quantités de glace sous leurs surfaces, mais nous n’avons jamais eu de preuves jusqu’à présent, explique Alan Fitzsimmons, de l’Université Queen’s de Belfast (Royaume-Uni), dans un communiqué de presse. ATLAS a montré que les prédictions de leur nature glaciale pourraient bien être correctes ».

Quant à la façon dont ces couches plus profondes ont été exposées, l’objet aurait pu subir un glissement de terrain ou s’écraser sur un astéroïde plus petit, supposent les astronomes. Une autre possibilité est que cet objet n’a rejoint que récemment la communauté troyenne, après avoir dérivé de plus loin, d’une zone lui permettant de conserver ses matériaux volatiles.

Ce ne sont pour l’heure que des hypothèses. Les chercheurs comptent bien garder un oeil sur LD2 2019 pour tenter de mieux l’appréhender.

Pour rappel, il y a trois ans, dans le cadre de son programme Discovery, la NASA a retenu la mission Lucy dont l’objectif sera justement d’étudier les « troyens » de Jupiter. Le lancement de la sonde est annoncé pour octobre 2021. Il est normalement prévu de survoler un astéroïde de la ceinture principale, avant de rendre visite à cinq troyens entre 2027 et 2033. De quoi nous apporter un éclairage nouveau sur la nature de ces objets mystérieux.

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