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Un aperçu de l’avenir de notre Soleil à 3 000 années-lumière

La célèbre géante rouge Bételgeuse. Crédits : Pixabay

Une équipe d’astronomes annonce avoir pu assister à “l’agonie” d’une étoile géante rouge, nous donnant un aperçu du destin de notre propre Soleil.

Comme nous, les étoiles naissent, évoluent et meurent. Les échelles de temps cosmiques sont néanmoins tellement grandes qu’elles nous permettent rarement d’assister aux différents cycles de vie des étoiles. Mais parfois, avec un peu de chance (et de la persévérance), il arrive que l’Univers nous autorise ce genre de luxe. Il y a quelques semaines, des astronomes ont en effet détecté une “impulsion thermique” en provenance d’une étoile dans la constellation de la Grande Ourse. Signe que l’objet se meurt. Les détails de l’étude sont publiés dans The Astrophysical Journal.

Un dernier “hoquet” avant de mourir ?

L’étoile en question, c’est T Ursae Minoris (T UMi), retrouvée à environ 3 000 années-lumière de la Terre. Âgé d’environ 1,2 milliard d’années, l’objet est plus jeune que notre Soleil, mais deux fois plus massif. Sa durée de vie est donc plus courte, puisque son carburant se consomme beaucoup plus rapidement. C’est aujourd’hui une géante rouge. Ce qui veut dire que cette étoile est devenue instable.

« Au cours de cette phase, la fusion nucléaire éclate profondément à l’intérieur, provoquant des “hoquets” que nous appelons impulsions thermiques, explique Meridith Joyce, co-auteure de l’étude. Ces impulsions provoquent des changements rapides et radicaux dans la taille et la luminosité de l’étoile, qui sont normalement détectables sur plusieurs siècles ». Ce que nous annoncent ici les chercheurs, c’est qu’ils ont assisté, en temps réel, à l’un de ces “hoquets”.

Après examen des données d’observation concernant l’étoile, les chercheurs ont en effet découvert que celle-ci avait légèrement rétréci. « Ce fut l’une des rares occasions où les signes du vieillissement d’une étoile pouvaient être directement observés sur des échelles de temps humaines », poursuit la chercheuse.

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L’étoile U Camelopardalis crachant une coquille de gaz. Un processus similaire à ce que viennent d’observer les astronomes avec T Ursae Minoris. Crédits : ESA/Hubble, NASA et H. Olofsson (Observatoire spatial Onsala)

L’avenir de notre Soleil

Nous ne la verrons en revanche pas mourir au cours de notre vie. Les astronomes prédisent en effet que T UMi devrait continuer à se débarrasser de ses couches extérieures pendant encore quelques centaines de milliers d’années, ensemençant au passage l’Univers avec du carbone, de l’azote, de l’étain et du plomb. Avant de se transformer en naine blanche pour finir.

Ces observations inédites sont d’autant plus passionnantes qu’elles nous donnent un petit aperçu de l’avenir même du Soleil, qui connaîtra le même sort dans 4 à 5 milliards d’années environ. Ses couches externes s’étendront alors vers l’orbite de Mars, engloutissant notre planète dans le processus. Au bout du compte notre étoile va elle aussi mourir, dans 10 milliards d’années environ.

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