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L’UE veut interdire les importations liées à la déforestation

Crédits : pixundfertig/Pixabay

Selon un projet de loi introduit par la Commission européenne, les entreprises exportatrices vers l’Union européenne devront bientôt prouver que les produits qu’elles proposent n’ont pas contribué à la déforestation. Il s’agirait d’un grand pas en avant pour la biodiversité dans la mesure où l’UE reste le deuxième destructeur de forêts tropicales derrière la Chine.

Bœuf, bois, huile de palme, café et cacao ou soja, mais aussi les produits dérivés tels que le chocolat, le cuir et les tourteaux, les matières originaires d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale ou d’autres parties du monde sont nombreuses et largement consommées en Europe. Naturellement, ce n’est pas sans conséquence pour l’environnement. Rien qu’entre 2005 et 2017, ces importations ont été liées à la perte de plus de 3,5 millions d’hectares de forêts, libérant au passage plus de 1,8 milliard de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) par le même temps.

Pour tenter d’atténuer ces problèmes environnementaux, un projet de loi introduit par la Commission européenne vise à permettre d’exclure du marché européen tous les produits liés à la déforestation, qu’elle soit légale ou pas dans le pays de production.

Concrètement, les entreprises qui souhaiteront importer au sein de l’Union européenne devront prouver que les produits qu’elles vendent n’ont pas contribué à la dégradation de l’environnement forestier. Ces dernières vont ainsi devoir mettre en place un contrôle strict de traçabilité.

« Nous prenons nos responsabilités »

Le projet doit désormais être approuvé par le Parlement européen et par chaque pays membre de l’UE. Si tel est le cas, une période de transition de douze mois sera tolérée, le temps pour les pays exportateurs de s’adapter.

« Il s’agit de l’initiative politique la plus ambitieuse au monde pour faire face au problème de la déforestation importée« , souligne le commissaire européen à l’environnement, Virginijus Sinkevicius. « En tant qu’Européens, nous montrons que nous prenons nos responsabilités« .

« Notre règlement sur la déforestation répond aux appels des citoyens à minimiser la contribution européenne à la déforestation et à promouvoir une consommation durable« , ajoute le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans. « Cela garantit que nous n’importons ces produits que si nous pouvons nous assurer qu’ils sont exempts de déforestation et produits légalement« .

déforestation
Crédits : Wikimedia Commons.

La Commission européenne mettra également en oeuvre un système d’analyse comparative pour classer les pays présentant un risque faible, standard ou élevé de production de matières premières ou de produits qui ne sont pas exempts de déforestation.

Avec cette nouvelle approche, la Commission européenne estime que le vieux continent réduira ses émissions de carbone chaque année d’au moins 31,9 millions de tonnes métriques.

Évidemment, une forte opposition est attendue de la part des pays qui dépendent de leurs forêts pour leurs exportations vers l’UE. C’est notamment le cas du Brésil qui exporte du bœuf vers plusieurs pays membres.