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L’UE prend une première décision pour tenter d’apaiser la colère des agriculteurs

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Crédits : Maksym Belchenko/iStock

Les agriculteurs européens ont obtenu une concession de l’Union européenne à Bruxelles. L’UE vient en effet d’annoncer un report dans l’adoption de règles obligeant les agriculteurs à laisser certaines terres en jachère pour promouvoir la biodiversité et la santé des sols.

Une première main tendue

Environ 10 000 agriculteurs français ont intensifié leurs manifestations au cours de ces derniers jours, bloqué les routes et atteint le marché de gros de Rungis près de Paris. Des agriculteurs belges, espagnols et italiens ont également participé aux protestations. Ils exigent principalement des revenus plus élevés, moins de bureaucratie et une protection contre la concurrence étrangère. Les critiques à ces manifestations soulignent de leur côté que le secteur agricole de l’UE bénéficie déjà de plus de 307 milliards d’euros, ce qui représente 30 % du budget de l’UE entre 2023 et 2027.

Malgré tout, en réponse à cette colère, la Commission européenne a déclaré qu’elle retarderait l’application des règles sur la mise en jachère des terres, tout en soulignant les défis climatiques auxquels les agriculteurs sont confrontés, notamment les inondations, les incendies de forêt et la sécheresse, qui ont entraîné une baisse de revenus.

Le vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, a qualifié cette décision de « coup de main » pour le secteur agricole et souligné la nécessité d’écouter les préoccupations des agriculteurs. Les règles initiales exigeaient en effet que les agriculteurs laissent 4 % de leurs terres arables en jachère (non cultivées) ou utilisent 7 % pour des cultures dérobées. Pour rappel, ces dernières sont des cultures temporaires, souvent plantées entre les principales récoltes, et peuvent inclure des plantes comme le trèfle. Ces cultures aident à maintenir une couverture au sol après la récolte principale, ce qui contribue à la santé du sol.

Les nouvelles propositions reportent à présent cette obligation jusqu’en 2025.

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Crédits : lowkick/iStock

D’autres mesures engagées

La France a également exprimé sa réticence à accepter l’accord commercial tel qu’il est actuellement négocié entre l’UE et le bloc sud-américain du Mercosur en raison de son impact sur l’agriculture française. Pour rappel, le Mercosur est une union douanière composée de plusieurs pays d’Amérique du Sud, dont le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Les négociations en cours entre l’UE et le Mercosur visent à établir un accord commercial qui faciliterait les échanges de biens et de services entre les deux régions.

Le gouvernement français s’est également engagé à prendre des mesures pour atténuer les perturbations du marché dues à l’entrée de produits ukrainiens après la levée des droits de douane en réponse à l’invasion russe. Enfin, la surveillance des plateformes européennes d’échange alimentaire sera aussi renforcée pour protéger les revenus des agriculteurs lors de négociations commerciales.