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Trump porte un nouveau coup dur envers la Science et la recherche

Crédits : PxHere

L’administration Trump a porté un nouveau coup dur envers la Science et les chercheurs. En effet, l’utilisation de recherches scientifiques aux États-Unis sera limitée pour l’élaboration de règles de santé publique et d’environnement. Que cache cette mesure ?

L’EPA dirigée par un lobbyiste

L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) prévoit de limiter l’utilisation de la Science en matière de santé et d’environnement. Selon un article du New York Times publié le 11 novembre 2019, les chercheurs devront désormais partager toutes leurs informations, même les dossiers médicaux habituellement confidentiels. Dans le cas contraire, il sera impossible de se baser sur les résultats de leurs études pour proposer des lois. Cela concernera notamment la régulation des émissions industrielles et donc la qualité de l’air et de l’eau.

De plus, cette mesure est rétroactive si bien que des régulations antipollution déjà adoptées auparavant pourraient être annulées. Rappelons que l’EPA est une agence indépendante du gouvernement des États-Unis. Créée en 1970, cette agence avait pour mission de protéger la nature et la santé des citoyens. Néanmoins, Andrew R. Wheeler, un avocat et lobbyiste américain du charbon spécialisé dans les politiques énergétiques, dirige aujourd’hui cet organisme !

Cette décision étonne peu dans la mesure où un lobbyiste dirige l’EPA !
Crédits : Wikipédia

Une vive réaction des scientifiques

Évidemment, cette décision a suscité l’indignation au sein de la sphère scientifique. Dans un billet de blog, Michael Halpern, de l’Union of Concerned Scientists, a estimé que la mesure en question a pour but de laisser les politiques évaluer les dangers liés à la santé publique. Or, les scientifiques sont logiquement mieux armés pour donner un avis concret.

Par ailleurs, l’intéressé déplore l’exclusion possible de certaines études démontrant que la pollution rend malade. C’est par exemple le cas d’une étude publiée en 1993 ayant établi un lien entre pollution de l’air et décès prématurés. Or, les chercheurs avaient fait signer des accords de confidentialité afin de suivre 22 000 personnes dans six villes des États-Unis. Sans la divulgation de ces dossiers, cette étude pourrait être tout simplement abandonnée. Or, à l’époque, celle-ci avait influencé la réglementation du gouvernement et permis de sauver des vies.

Rappelons que Donald Trump est un climatosceptique notoire qui ne porte pas la Science dans son cœur. Peu après son élection, le président a chassé les fonctionnaires du bureau de la Maison-Blanche dédié à la Science (OSTP). Dans la foulée, le chef d’État avait déclaré que les États-Unis allaient se désengager des accords de Paris sur le climat, une décision qui prendra effet en fin d’année 2020.

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