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Des trous noirs quasi-indétectables pourraient exister par millions dans la Voie Lactée

Crédits : Alain r / Wikipédia

La découverte d’un système binaire contenant un trou noir quasi invisible laisse penser que ces astres pourraient exister par millions dans la Voie lactée.

La détection des trous noirs n’a rien d’évident pour la simple raison qu’ils sont noirs. Ce n’est que lorsqu’ils accrètent de grandes quantités de matière qu’un rayonnement suffisamment intense, notamment dans le domaine des rayons X, trahit la présence d’un trou noir. Si l’on observe désormais de très nombreux trous noirs supermassifs au cœur des galaxies, on ne connaît qu’une douzaine de candidats sérieux dans notre Galaxie, la Voie Lactée. On pense que la majorité des trous noirs stellaires de la Voie lactée nous sont encore inconnus. Selon une récente étude, il pourrait même y en avoir des dizaines de millions.

C’est en combinant les observations dans le domaine des rayons X avec Chandra, dans le domaine du visible avec Hubble et enfin dans le domaine des ondes radio avec plusieurs radiotélescopes dont le Very Large Array (VLA), ceux d’Arecibo et de Green Bank, que des chercheurs, menés par Bailey Teratenko, de l’Université d’Alberta, ont eu la surprise de détecter un signal radio qu’ils pensaient jusqu’alors appartenir à une galaxie postée en arrière plan de l’amas globulaire M15, l’un des amas les plus denses de la galaxie, situé à environ 33 000 années-lumière dans la Constellation de Pegase.  Selon nos chercheurs, il s’agit en réalité d’un système binaire contenant un trou noir stellaire situé, en avant-plan cette fois-ci,  à environ 7.200 années-lumière. N’accrétant que peu de matière, il serait très peu lumineux, quasiment indétectable. Son repas quotidien ne serait composé que d’une étoile dont la masse serait d’un dixième à un cinquième de la masse du Soleil.

Nasa, CXC, University of Alberta, B.Tetarenko et al. ; STScI ;NSF, AUI, NRAO, Curtin University, J. Miller-Jones
Crédits : Nasa, CXC, University of Alberta, B.Tetarenko et al. ; STScI ;NSF, AUI, NRAO, Curtin University, J. Miller-Jones

C’est ici la première fois qu’un trou noir binaire est ainsi découvert à l’extérieur d’un amas globulaire dans un état aussi calme. Sur le plan purement statistique, l’information a de quoi donner le tournis. En effet, à partir du fait que la zone du ciel observée ne représentait qu’une portion très petite de la Voie Lactée, les chercheurs peuvent estimer quelle doit être la fréquence de ce type de trous noirs binaires calmes. Le chiffre est impressionnant : ils seraient une centaine de millions, alors que le nombre qui était estimé jusque là ne dépassait pas 3000. Et l’on ne parle ici que de la Voie Lactée.

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