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Les troubles du sommeil pourraient être à l’origine de l’hyperactivité

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En 2015, une étude australienne avait déjà révélé l’impact d’un reconditionnement du cycle circadien sur les symptômes des troubles du déficit de l’attention et de l’hyperactivité (TDAH). De nouveaux résultats révélés lors du congrès de l’European College of Neuropsychopharmacology en septembre dernier viennent une nouvelle fois renforcer cette théorie : le sommeil et l’hyperactivité seraient bel et bien en corrélation. 

L’équipe de chercheurs en psychiatrie de l’Université libre d’Amsterdam (Pays-Bas) reconfirme l’hypothèse avec encore plus de certitude. Les troubles du déficit de l’attention et de l’hyperactivité auraient en partie pour origine les troubles du sommeil ! Aujourd’hui, nous savons que 75 % des enfants atteints de TDAH ont aussi un dérèglement du cycle circadien, cette horloge biologique responsable de l’alternance veille/sommeil. Ce dérèglement serait donc la source des symptômes observés chez les enfants hyperactifs : agitation, sautes d’humeur, impulsivité, troubles de la concentration, etc.

La scientifique Sandra Kooij et son équipe espèrent appuyer leur théorie grâce à la découverte de biomarqueurs sanguins attestant de la relation physico-mentale entre les troubles du sommeil et le développement de TDAH. Si ces troubles s’avéraient avoir une réelle influence sur les TDAH, il serait possible de gérer ces troubles comportementaux sans apport médicamenteux ! Le traitement ne reposerait alors que sur un reconditionnement du cycle circadien.

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Cependant, d’autres scientifiques n’adhèrent pas forcément à ce lien de cause à effet. La psychiatre et vice-présidente de l’Institut national du sommeil et de la vigilance Sylvie Royant-Parola l’atteste : « Il y a un lien, c’est très clair, mais il est difficile d’en saisir l’origine ». Quelle est la source de cette boucle ? Les troubles du sommeil sont-ils responsables des TDAH ? Ou est-ce justement l’inverse ?

De nombreux exemples viennent en effet s’opposer à la théorie apportée par Sandra Kooij et son équipe. Des cas d’hypersomnies, c’est-à-dire de sommeil excessif, ont d’ores et déjà été observés chez des sujets hyperactifs. Mathilde Septier, spécialiste dans la prise en charge d’enfants atteints de TDAH à l’hôpital Robert-Debré (Paris), rejoint d’autant plus cette théorie : « Nous manquons d’éléments tangibles pour trancher dans un sens ou dans l’autre. La preuve en est qu’un traitement anti-TDAH peut aussi bien améliorer ou aggraver les troubles du sommeil associés. »

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