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Des trottoirs roulants pour se déplacer sans voiture en ville ?

Crédits : Pixnio

À l’avenir, pour offrir une alternative aux voitures dans les villes, une équipe de chercheurs suisses a étudié la faisabilité d’un système de trottoirs roulants pour se déplacer. Une idée qui semble futuriste, mais qui a en réalité déjà été vue à Chicago en 1893.

Des chercheurs du laboratoire de transport et mobilité de l’École polytechnique de Lausanne (EPFL) ont imaginé pour l’avenir une ville vidée de ses voitures et ont étudié pour cela la faisabilité d’un système de trottoirs roulants entièrement électriques et qui seraient capables de transporter à 15 km/h jusqu’à 7 000 personnes par heure. C’est la ville de Genève, en Suisse, qui a été choisie pour développer le modèle mathématique à partir de données réelles.

Pour ces chercheurs de l’EPFL, la construction d’un tel système revient à la construction d’une nouvelle ligne de tramway. Le principal frein à ce type de construction est financier et c’est pour cela qu’un tel réseau doit être construit dans des villes denses et hautement congestionnées, car les coûts diminuent si le système est déployé à large échelle, explique Riccardo Scarinci, principal auteur de l’article à paraître dans la revue European Journal of Transport and Infrastructure Research.

Trottoirs roulants à l'exposition universelle de Paris, en 1900 © Brown University
Trottoirs roulants à l’exposition universelle de Paris, en 1900 © Brown University

Grâce à des calculs ont tenu compte des statistiques des trajets quotidiens dans la ville de Genève, ces experts sont parvenus à imaginer un réseau « optimal idéal ». Celui-ci retient une vitesse de déplacement de 15 km/h comparable à la vitesse moyenne de déplacement dans la plupart des grandes villes aux heures de pointe.

Si elle peut sembler futuriste, l’idée est en réalité née au XIXe siècle, à Chicago. De premiers tapis roulants y sont apparus en 1893, puis en 1900 à Paris à l’occasion de l’exposition universelle.

Plusieurs avantages sont avancés par les experts en plus des bénéfices écologiques : d’abord, l’emprise au sol qui est bien plus étroite que celle d’une voie routière à savoir 1,20 m de large contre 2,5 à 3,5 mètres. Cela signifie qu’une seule voie routière suffirait à installer deux voies de trottoirs roulants, laissant l’autre voie routière libre pour d’autres moyens de transport (bus, métros, trams, taxis, vélos…). Ensuite, le flux de passagers pourrait être bien plus important qu’avec les voies routières. Ici, le nombre de passagers peut être de 7000 à l’heure sur un trottoir roulant, alors qu’une voie routière absorbe entre 750 et 1800 véhicules.