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Très soudaine, l’éruption de ce volcan au Congo est un fait préoccupant

Crédits : Cai Tjeenk Willink / Wikimedia Commons

L’an dernier, un volcan se trouvant au Congo est entré en éruption. Mais avant cela, il n’avait donné aucun signe permettant de prévenir la catastrophe. Autrement dit, l’éruption était très soudaine. Un phénomène qui, selon une récente étude, serait aussi inhabituel que dangereux.

Une inquiétante absence de signaux

Le Nyiragongo est un stratovolcan culminant à 3 470 m d’altitude et se trouvant dans l’Est de la République démocratique du Congo, dans la vallée du Grand Rift. En mai 2021, une éruption s’est produite, générant des coulées de lave qui ont surpris les habitants de la ville de Goma, située à 20 km de là. Si l’éruption a duré seulement quelques heures et que la ville a finalement été épargnée, plusieurs villages ont été touchés et le bilan humain est tout de même de 13 morts.

Delphine Smittarello, chercheuse au Centre européen de Géodynamique et de Séismologie au Luxembourg, est l’auteure principale d’une étude parue dans la revue Nature le 31 août 2022. L’intéressée et d’autres chercheurs y expliquent en quoi la dernière éruption du Nyiragongo est préoccupante. Malgré une surveillance en continu par des réseaux d’instruments au sol et de capteurs satellitaires, aucun des signaux habituels n’était présent.

Autrement dit, l’éruption n’a pas pu être prévue. L’étude indique notamment que les enregistrements sismiques ont montré que les premiers événements marquant une activité inhabituelle ont commencé seulement 40 minutes avant les premières coulées de lave. Or, ceci est très surprenant, surtout lorsque que l’on évoque les deux seules éruptions historiques documentées – en 1977 et 2002 -, chacune précédées par de forts séismes entre quelques semaines et quelques jours avant.

Nyiragongo volcan 2
Crédits : Monusco Photos / Flickr

Un volcan déjà « prêt » depuis longtemps

Outre les séismes, d’autres signes avant-coureurs peuvent se produire comme un gonflement des flancs du volcan ou encore des échappements de gaz et fumerolles. Ces signes indiquent un remplissage de la chambre magmatique ainsi qu’une forte hausse de la pression. Or, si ces détails ne peuvent pas permettre de prédire avec précision la date de l’éruption, ceux-ci donnent tout de même l’occasion de mettre en garde les populations et, si besoin, de procéder à des évacuations. Et pourtant, le Nyiragongo n’a donné aucun signal, ce qui a surpris tout le monde. Pour les meneurs de l’étude, le comportement du volcan pourrait s’expliquer par le fait que celui-ci était déjà prêt à entrer en éruption depuis longtemps. La recharge en magma et la hausse de la pression se seraient faites petit à petit, ce qui a rendu difficile leur détection par les instruments.

Enfin, l’étude a également pointé le déplacement de 243 millions de mètres cubes de lave sous la ville de Goma. Ainsi, ceci témoigne de nouvelles menaces en lien avec ce volcan. Il peut notamment être question de risque d’effusion de lave en pleine ville ou d’éruption phréatomagmatique (en cas de contact de la lave avec de l’eau froide). Citions également le risque d’éruption limnique au niveau du lac Kivu, dont les eaux profondes contiennent une quantité importante de CO2 et de méthane dissous.