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La découverte du chemin emprunté par Hannibal dans les Alpes retracée grâce à des traces surprenantes

Crédits : Nicolas Poussin / antiquesandartireland.com / Wikpedia

La question du chemin précis emprunté par le général Hannibal et son armée lorsqu’ils ont traversé les Alpes, pour mener les Romains à la défaite lors de la Deuxième Guerre Punique 218-202 av. J.-C.) a toujours été un grand mystère. Même les Romains n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur cette route et certains étaient convaincus que le général était passé par le très étroit Col de la Traversette là où d’autres pensaient qu’il était passé par le sud-est de Turin en Italie. Néanmoins, personne n’avait jamais trouvé de preuves de quoi que ce soit. Mais des découvertes publiées le 8 mars dernier dans le journal Archaeometry ont levé le voile sur ce point qui laissait les spécialistes perplexes. En effet des indices sur ce passage ont été déterrés et il ne s’agit ni de cartes, ni d’armes anciennes, ni de lettres, mais plutôt de traces géologiques on ne peut plus surprenantes.

Chris Allen de la Queen’ s University de Belfast et William Mahaney de la York University de Toronto s’attardaient sur le Col de la Traversette à 2947 m pour des recherches, et ce n’est pas sur de la roche qu’ils sont tombés ! En effet, c’est en retournant une étendue de terrain marécageuse qui servait sûrement de point d’eau et de toilettes pour l’armée et les animaux en plein repos que ces scientifiques sont tombés nez à nez sans le vouloir avec du crottin extrêmement bien conservé.

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[/media-credit] Fresque de 1510 se trouvant au Palazzo del Campidoglio (Capitoline Museum), Rome.

Ils en ont ainsi déduit que l’armée d’Hannibal constituée de 30 000 soldats, de 37 éléphants et d’environ 15 000 ou 20 000 chevaux aurait certainement eu besoin de s’arrêter au cours de leur voyage notamment pour se procurer de l’eau. Un collègue d’Allen lui aurait alors expliqué une caractéristique de ces animaux : quand ils boivent, ils défèquent.

Des preuves solides

Ils ont alors réalisé qu’ils avaient eu la chance de trouver dans ce bourbier une couche de sédiment très ancienne qui n’avait pas été détruite et qui prouvait que l’armée était passée par ce Col. Ils ont excavé un échantillon cylindrique du sol et l’ont analysé.

Avec la datation au carbone, ils ont découvert qu’il datait d’il y a 8000 ans et ont examiné des changements physiques, chimiques et microbiens qui sont apparus dans la matière avec les années. C’est en partie comme cela qu’ils ont déterminé que l’échantillon datait de l’époque de Hannibal. De plus, l’état du terrain qui semblait avoir été retourné indiquait que de nombreux animaux s’y étaient attardés. Or, cela est anormal pour cette région et l’altitude. Ces analyses ont permis d’identifier des matières organiques provenant typiquement des boyaux humains ou de chevaux et des analyses d’ADN ont révélé la présence de microbes associés au crottin. Grâce à toutes ces méthodes, ils en ont conclu que la trace retrouvée était bel et bien du crottin vieux de 2200 ans.

D’autres recherches vont maintenant être effectuées pour en découvrir plus et retrouver d’autres traces de ce passage.

Sources : LiveScience