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Des traces de la croûte terrestre originelle découvertes au Canada

Crédits : Pixabay

Dans le Bouclier Canadien, une équipe de chercheurs a découvert des traces de la croûte terrestre datant de plus de 4,3 milliards d’années alors que notre planète, âgée de 4,6 milliards d’années, n’en était qu’à ses débuts.

Le Bouclier Canadien est une immense zone géographique située au Canada et aux États-Unis composée de roche nue datant du Précambrien et qui s’étend sur 4,8 millions de kilomètres carrés. Dans cette zone, dans le nord-ouest du Canada, une équipe de chercheurs a récolté des roches qui contiennent des traces de la croûte terrestre originelle.

Dans leurs travaux publiés dans la revue Science, les chercheurs de l’Université d’Ottawa (Canada) et de Carnegie Science (États-Unis) expliquent avoir analysé les rations d’isotopes de néodyme dans des échantillons de roches d’une région du nord du Québec. Les chercheurs expliquent que les échantillons sont composés principalement d’un type de granit qui est vieux de 2,7 milliards d’années et formés par le « recyclage » de roches plus anciennes riches en magnésium.

« Cette région du nord du Québec est le noyau du Bouclier Canadien. Des travaux antérieurs ont montré que si nous devions découvrir quelque chose de plus ancien, ce serait là », explique Jonathan O’Neil, de l’Université d’Ottawa. « Nous pensons que la plupart du granit provient de la fusion avec une croûte plus âgée. Nous savions que ces roches avaient une filiation plus âgée. Mais quel âge, nous ne le savions pas », ajoute-t-il.

« La découverte des restes de la croûte primaire de la Terre n’a pas été facile. Notre nouvelle méthodologie permet de retrouver ses traces dans les lits de roches qui sont tout simplement “la croûte la plus ancienne de la Terre” conséquemment à plusieurs formes d’activité géologique qui se sont étalées sur diverses périodes de l’existence de notre planète », remarque Richard Carlson de l’institut Carnegie Science.

Les roches sont très difficiles à dater. Une manière de le faire est de mesurer un isotope qui n’était produit que durant les premières 500 millions d’années de la Terre, le néodyme-142, que les chercheurs ont trouvé dans ces roches du Québec.

Bien que ces résultats ne répondent pas à toutes les questions sur l’histoire du début de la Terre, ils apportent tout de même une certaine lumière. « Au moins, cela nous donne plus d’outils pour comprendre les premières géodynamiques. Le processus était-il local ? Ou était-ce le même partout sur Terre ? C’est à ces questions que nous allons désormais pouvoir tenter de répondre », déclare Jonathan O’Neil. « Maintenant, nous allons pouvoir comprendre comment les noyaux continentaux se sont formés et organisés dans le temps ».