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Après avoir éternué, certaines bactéries peuvent rester actives dans les airs pendant 45 minutes

Crédits : James Gathany - CDC Public Health Image library ID 11162

Des chercheurs de l’Université du Queensland révèlent dans une étude que certaines bactéries peuvent se propager jusqu’à quatre mètres et rester actives dans les airs jusqu’à 45 minutes après que l’on ait toussé ou éternué.

Éternuez ou toussez dans un bureau sans mettre la main devant votre bouche et vous serez surpris de la vitesse à laquelle tous vos collègues tomberont malades à leur tour. Mais finalement, à quelle distance un germe peut-il être projeté ? Et combien de temps peut-il rester actif ? Quatre mètres et 45 minutes selon une étude récente menée par Lidia Morawska, de l’Université du Queensland, en Australie. Ainsi, nous aurions sous-estimé la facilité avec laquelle certains agents pathogènes peuvent se propager, ce nouveau constat venant démentir la théorie établie selon laquelle un petit mètre serait une distance de sécurité suffisante pour qu’une personne ne soit pas infectée.

Les germaphobes seront sans doute ravis ! Raison de plus pour vous couvrir la bouche et votre nez et ensuite vous laver les mains pour empêcher la propagation de l’infection. L’étude ici présentée fut notamment portée sur la longévité de la bactérie aéroportée pseudomonas aeruginosa, un germe résistant aux multiples médicaments associés aux infections nosocomiales. « La plupart des recherches dans ce domaine ont à ce jour porté sur les bioaérosols générés en laboratoire ou les gouttelettes aériennes sont différentes des gouttelettes naturelles générées et expulsées par les humains, que ce soit dans la composition ou dans les mécanismes de production », explique Lidia Morawska.

Deux patients, l’un atteint de fibrose kystique et l’autre d’une infection chronique générée par pseudomonas aeruginosa, ont été amenés à tousser et éternuer dans un énorme tube. Après analyses, ils ont alors constaté que les bactéries pouvaient se décomposer en deux temps : « Dès que les gouttelettes projetées par la toux frappent l’air, elles se dessèchent rapidement, refroidissent et deviennent assez légères pour rester en suspension dans l’air », explique la chercheuse. « Elles se dégradent également en contact avec l’oxygène dans l’air. Nous avons également constaté que la concentration de bactéries actives dans les gouttelettes séchées présentait une désintégration rapide avec une demi-vie de 10 secondes pour la plupart des bactéries, mais un sous-groupe de bactéries avait une demi-vie de plus de 10 minutes, certaines pouvant rester actives pendant environ 45 minutes« .

Cette découverte suggère que certaines des bactéries sont résistantes à la désintégration biologique et s’accrochent dans l’air suffisamment longtemps pour présenter un risque pour d’autres personnes, en particulier celles qui présentent des problèmes respiratoires existants tels que les patients atteints de fibrose kystique. Les chercheurs suggèrent par ailleurs que la propagation de certaines maladies pourrait être réduite grâce à une ventilation redessinée des bureaux, écoles et hôpitaux.

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