in

TOC : des chercheurs ont trouvé pourquoi l’on répète ou vérifie plusieurs fois la même chose

Crédits : Pixabay/Offthelefteye

Une équipe de chercheurs français a découvert les mécanismes cerceaux causant une survérification compulsive chez l’humain. Cette avancée, permise par l’étude du cerveau de primates, ouvre de nouvelles portes pour ce qui est du traitement des troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont classés parmi les troubles anxieux, se caractérisant par des obsessions à l’origine de peurs et d’angoisses, ainsi que de compulsions, c’est-à-dire l’inlassable répétition de gestes comme celui de se laver les mains 50 fois par jour ou alors mentaux, tels que compter ou réciter une phrase en boucle dans sa tête.

Les obsessions le plus souvent recensées sont les suivantes : peur de la contamination, pensées agressives, besoin de symétrie et d’exactitude, peurs somatiques, et représentations sexuelles. Quant aux compulsions les plus fréquemment rencontrées sont les rituels de vérification, de lavage ou encore de comptage.

Ces TOC sont malheureusement incontrôlables par les personnes atteintes, mais l’avenir pourrait s’éclaircir dans un avenir plus ou moins proche. Si les causes de ces troubles sont relativement peu connues, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Iserm), plus précisément l’Institut Cellule Souche et Cerveau basé à Bron (banlieue lyonnaise), semble avoir résolu une partie du mystère. Une étude a été publiée dans la revue Nature Communications le 20 juin 2016.

Les résultats dévoilent que le cortex cingulaire, une partie du cerveau, fait office de « chef d’orchestre de la vérification » selon les chercheurs français. Les TOC, impactant la vie de 2 à 3% de la population, ont de meilleures chances d’être traités à l’avenir puisque cette découverte semble ouvrir des possibilités nouvelles. Afin d’arriver à l’identification de la source du mécanisme de vérification, les scientifiques ont enregistré l’activité cérébrale de singes.

« Plus précisément, nous avons enregistré l’activité de 411 neurones dans deux régions du cortex frontal, connues pour leur implication dans la prise de décision : le cortex cingulaire moyen et le cortex préfrontal latéral » explique Emmanuel Procyk et son équipe dans une publication.

Les singes ont été « invités » à vérifier des choses, choisissant soit de travailler a une activité de mémorisation soit de scruter une jauge indiquant le temps restant avec l’obtention d’une récompense, ici du jus de fruits. Un enchainement correct des tâches de mémorisation permet de recevoir la récompense plus rapidement.

Lorsque l’animal vérifie le niveau de cette fameuse jauge, les neurones de son cortex cingulaire s’activent. Près de 500 millisecondes plus tard, c’est au tour des neurones du cortex préfrontal. Les chercheurs ont pu, grâce à des outils statistiques de pointe capables d’analyser l’information contenue dans chaque charge neuronale, prévoir l’imminence d’une vérification jusqu’à une seconde avant que les singes effectuent le mouvement de vérification.

« Certaines études ont d’ailleurs montré une altération du cortex cingulaire chez ces malades » explique l’Inserm, pensant qu’un dérèglement du mécanisme cérébral découvert pourrait expliquer l’apparition de TOC.

Il existe aux États-Unis des traitements consistant à détruire certaines parties du cortex cingulaire par le biais d’électrodes, mais seulement 30% à 40% des patients seraient traités avec succès, ce que l’Inserm explique par un potentiel manque de précision concernant les zones du cortex cingulaire visées.

Les chercheurs de l’Inserm ont lancé une nouvelle étude impliquant une vingtaine de volontaires afin d’identifier précisément ces zones du cortex cingulaire, dont les résultats sont attendus pour 2018 au plus tard.

Les TOC expliqués par la psychologue québécoise Stéphanie Léonard :

Sources : Sciences et AvenirPourquoi DocteurPasseport Santé