Qu’est-ce que la théorie de la Reine Rouge ?

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©Kharchenko_irina7/iStock

La théorie de la Reine Rouge est un concept issu du domaine de l’évolution et de l’écologie, développé par Leigh Van Valen en 1973. Cette hypothèse tire son nom du personnage du livre « De l’autre côté du miroir » de Lewis Carroll, où la reine affirme « qu’il faut courir aussi vite que possible pour rester à la même place. »

La théorie de la Reine Rouge émet l’hypothèse que dans un environnement en constante évolution, les organismes vivants doivent continuellement évoluer et s’adapter pour survivre. Tout comme la Reine Rouge doit courir pour rester à sa place, les espèces doivent constamment évoluer et se perfectionner pour faire face aux pressions environnementales, aux parasites, aux prédateurs et aux changements climatiques.

La théorie de la Reine Rouge, directement inspirée du personnage de Lewis Caroll

L’hypothèse de la Reine Rouge part de la constatation par Van Valen, biologiste évolutionniste américain, que la probabilité d’extinction d’un groupe d’êtres vivants est constante à travers les âges. Cette théorie se base sur les courbes de survie d’une cinquantaine d’organismes (plantes, prostites et animaux).

La théorie tire son nom d’un épisode du livre De l’autre côté du miroir, de Lewis Carroll, au cours duquel Alice et la Reine Rouge se lancent dans une course contre la montre. La jeune fille remarque qu’il serait possible d’arriver à un autre endroit en courant très vite sur une longue distance. La reine lui explique alors que leur environnement les oblige à courir aussi vite que possible pour rester au même endroit.

L’idée principale de cette théorie est que dans une course évolutive, aucun organisme ne peut se permettre de rester immobile ou de stagner, car il serait dépassé par les autres espèces qui évoluent et s’adaptent plus rapidement. Cette course évolutive constante crée ainsi un équilibre dynamique dans les écosystèmes, où les espèces sont en compétition continue.

reine rouge Alice au pays des merveilles
©Alice in Wonderland (2010), Tim Burton

Une métaphore qui symbolise la concurrence entre les espèces

Si la sélection naturelle favorise les prédateurs les plus rapides, elle favorise aussi les proies les plus agiles. Résultat des courses : un régime stationnaire et un rapport de forces inchangé entre les espèces.

Si une proie venait à devenir plus rapide, son prédateur pourrait donc disparaître et le couple d’espèces serait à terme remplacé. Ce processus représenterait alors une forme de coévolution adverse. De ce fait, l’hypothèse de la Reine rouge se surnomme aussi « paradoxe de l’évolution« .

Une théorie qui permet d’expliquer la coévolution

La théorie de la Reine Rouge a été largement appliquée pour expliquer la coévolution* entre les espèces, la diversité biologique et les stratégies de survie des organismes dans des environnements en perpétuelle évolution. Elle met en évidence l’importance de l’évolution pour la survie des espèces et la façon dont la pression de la sélection naturelle façonne la biodiversité.

escargots évolutions animaux
©Wildpixel/iStock

*Phénomène biologique se produisant lorsque deux espèces ou plus interagissent étroitement au fil du temps et influencent leur propre évolution.