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Un simple test d’urine pourrait-il mesurer notre véritable « âge biologique » ?

Crédits : U.S. Air Force photo / Jenifer Calhoun

Le taux d’une substance indiquant des dommages oxydatifs semble augmenter dans l’urine à mesure que nous vieillissons. Étudier les niveaux de ce marqueur dans des échantillons d’urine pourrait alors permettre de mesurer notre âge biologique, de quoi prédire le risque de développer certaines maladies.

Alors que tous ceux qui sont nés la même année ont le même âge chronologique, nos corps vieillissent à des rythmes différents. Bien que le risque de nombreuses maladies augmente avec l’âge, le lien entre notre santé et notre durée de vie reste relativement faible. Beaucoup de gens jouissent d’une longue vie relativement exempte de maladies, tandis que d’autres souffrent de maladies chroniques et de décès prématurés. Par exemple, une personne d’une cinquantaine d’années sans cheveux gris peut vieillir plus vite et présenter un risque plus élevé de maladies liées à l’âge qu’une grand-mère aux cheveux blancs âgée de 70 ans. Ainsi, notre âge en années n’est pas l’indicateur le plus fiable du vieillissement de notre corps.

Plus nous prenons de l’âge et plus nos cellules s’affaiblissent. Le taux de ces dommages cellulaires peut varier d’une personne à l’autre, et dépend de la génétique, du style de vie et de l’environnement dans lequel nous vivons. Il peut donc être une indication plus précise de notre véritable âge biologique. Trouver un moyen de mesurer ce dernier pourrait ainsi aider à prédire le risque de développer une maladie liée à l’âge, et même la mort. Nous pourrions également mesurer notre âge biologique pour savoir si les traitements visant à ralentir le vieillissement – ce qui pourrait être possible à l’avenir – sont efficaces.

Les scientifiques pensent  que – selon ce qui est appelé la théorie radicalaire du vieillissement – le vieillissement biologique implique une molécule essentielle à notre survie : l’oxygène. « Les sous-produits de l’oxygène peuvent causer des dommages oxydatifs aux biomolécules dans les cellules, telles que l’ADN et l’ARN », explique Jian-Ping Cai, co-auteur de l’étude publiée dans la revue Frontiers in Aging Neuroscience. « Plus nous vieillissons, et nous souffrons de dommages oxydatifs croissants. Ainsi les niveaux de marqueurs oxydatifs augmentent dans notre corps ».

Un marqueur notamment, nommé 8-oxoGsn, résulte de l’oxydation d’une molécule cruciale dans nos cellules : l’ARN. Des études précédentes chez les animaux ont constaté que les niveaux de 8-oxoGsn augmentent dans l’urine avec l’âge. Pour voir si cela est également vrai pour les humains, les chercheurs ont mesuré le taux de 8-oxoGsn dans des échantillons d’urine de 1 228 résidents chinois âgés de 2 à 90 ans. Ils ont alors effectivement découvert que le taux de ce marqueur augmentait à mesure que les participants de 21 ans – et plus – vieillissaient.

Fait intéressant, les niveaux de 8-oxoGsn étaient à peu près les mêmes entre les hommes et les femmes, sauf chez les femmes post-ménopausées, qui ont montré des niveaux plus élevés. Cela peut avoir été causé par la diminution des niveaux d’œstrogène qui se produit pendant la ménopause, l’œstrogène étant connu pour avoir des effets antioxydants.

Ainsi le taux de 8-oxoGsn urinaire refléterait mieux l’état réel de notre corps que notre âge chronologique. Un tel biomarqueur pourrait être utilisé pour déterminer l’âge d’une personne au niveau cellulaire, et ainsi identifier son risque de développer des maladies associées à l’âge, telles que l’arthrite, les maladies cardiaques et la maladie d’Alzheimer.

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