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Comment expliquer l’explosion lors du test du booster de Starship ?

Crédits : NasaSpaceFlight

Un test du booster destiné à soulever le premier Starship orbital de SpaceX s’est terminé avec une explosion inattendue déclenchée au niveau de la base du véhicule le 11 juillet dernier. L’événement a provoqué la formation d’un incendie sur le pad qui a brûlé par intermittence pendant plus d’une heure. Que s’est-il passé et peut-on parler d’un revers ?

C’était la première fois que SpaceX testait son nouvel étage d’appoint, désigné Booster 7, équipé d’un ensemble complet de trente-trois moteurs de fusée Raptor 2. L’essai de lundi n’était pas destiné à conduire à un test de tir statique, au cours duquel les moteurs sont brièvement allumés. La déclaration de cet incendie au niveau de l’arrière du véhicule a donc surpris un peu tout le monde.

Que s’est-il passé ?

Alimenté au méthane, le nouveau moteur de la société est une merveille d’ingénierie. Cependant, une séquence compliquée d’événements doit se dérouler précisément pour permettre « d’allumer la mèche ». SpaceX testait ici la partie démarrage par rotation de cette séquence d’allumage lorsque l’anomalie s’est produite. Quelque chose a dû provoquer l’inflammation du propulseur au méthane, l’oxygène ambiant dans l’air servant de comburant à l’intérieur du véhicule.

Pour rappel, un démarrage par rotation implique de faire tourner les turbines avant le reste de la séquence de démarrage, de manière à obtenir le plein débit de propulseur et d’oxydant dès le début. Ce type de démarrage n’est pas indispensable. Ici, SpaceX a simplement décidé de le faire pour les trente-trois moteurs en même temps. Ce n’était peut-être pas la meilleure idée (au moins rétrospectivement).

Elon Musk, le patron de SpaceX, a admis ce lundi soir que le test n’était « pas bon » et a confirmé que le problème s’était produit lors d’un test simultané de tous les moteurs. Il s’est également rendu sur place après l’accident pour évaluer les dégâts. À la lumière de sa lampe torche, la base du véhicule semblait correcte. Cependant, des inspections plus poussées seront nécessaires pour évaluer l’intégrité des réservoirs de propulseur de la fusée et la santé des moteurs. Les ingénieurs devront également évaluer l’état des systèmes au sol et de la structure en acier de l’énorme tour de lancement du véhicule.

Et la suite ?

En interne, SpaceX avait ciblé une potentielle tentative de lancement orbital impliquant le Starship et son booster pour le mois d’août. Ces nouveaux problèmes techniques risquent donc de repousser ce lancement. Les ingénieurs vont en effet devoir travailler dur pour que la fusée soit prête pour un véritable test de tir statique. Plusieurs de ces tests réussis seront probablement nécessaires avant d’envisager toute tentative de lancement orbital.

Si le Booster 7 ne peut finalement pas être récupéré, ce ne serait pas la fin du monde non plus. SpaceX a en effet établi une chaîne de montage particulièrement efficace dans le sud du Texas où des boosters et des véhicules Starship peuvent être construits en quelques mois. Plusieurs de ces véhicules sont actuellement à divers stades de travaux. La perte potentielle des trente-trois moteurs de ce booster serait en revanche un peu plus embêtante.

On ne peut pas non parler de revers pour la société. Pour rappel, c’est la première fois qu’un véhicule équipé d’autant de nouveaux moteurs se présente sur un pad pour effectuer des tests. Ce type d’accidents était donc à prévoir. C’est d’ailleurs à cela que servent les tests. L’année dernière, SpaceX avait également perdu plusieurs véhicules Starship avant de poser le SN15 avec succès.