in

La Terre contiendrait dix fois plus d’hélium 3 que ce que la science pensait

Crédits : Pikist

Isotope de l’hélium, l’hélium 3 suscite les convoitises, principalement dans le domaine de l’énergie. Or, selon une étude récente, notre planète pourrait en contenir jusqu’à dix fois plus que prévu. Une question se pose alors : doit-on toujours aller sur la Lune pour tenter d’en récolter ?

La remise en question d’un consensus scientifique

De nombreuses sociétés et agences spatiales désirent se rendre sur la Lune pour l’exploiter. Parmi les ressources convoitées, nous retrouvons évidemment le régolithe, mais l’hélium 3 figure également sur la liste. Sur Terre, l’hélium 3 est très rare; mais ses propriétés font qu’il est très recherché pour ses applications potentielles en fusion nucléaire. Il est en effet plutôt léger et non radioactif. Dans le futur, son utilisation pourrait donc éventuellement permettre de bâtir des centrales à fusion, donnant une énergie propre et quasiment infinie.

Sur Terre, l’hélium 3 représente seulement une fraction de 7,2 × 10-12 de l’atmosphère dans son ensemble. Cette valeur fait l’objet d’un consensus scientifique, mais pourrait peut-être faire l’objet d’une prochaine remise en question. En effet, une étude publiée dans la revue Nature Geoscience le 9 mai 2022 suggère que l’hélium 3 serait davantage présent sur notre planète. Expert à la Scripps Institution of Oceanography de l’Université de San Diego (États-Unis), Benjamin Birner estime ainsi que l’hélium 3 est dix fois plus présent sur Terre. Autrement dit, cette ressource est toujours rare, mais tout de même un peu moins que prévu.

fusion nucléaire
Le tokamak supraconducteur expérimental avancé (EAST) en Chine où l’on pratique des essais de fusion nucléaire. Crédits : ITT

Un « bonus » d’hélium 3 pour l’instant inexplicable

Il faut savoir que cette découverte a été faite par hasard. En effet, Benjamin Birner et son équipe menaient des recherches à propos d’un autre isotope de l’hélium : l’hélium 4. Ils tentaient alors de découvrir de nouvelles méthodes de calculs des émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES). L’hélium 4 n’est pas un GES, mais il provient tout de même de la consommation d’énergies fossiles par les activités humaines. En revanche, l’hélium 3 peut provenir de longs processus géologiques, du fonctionnement de certains réacteurs nucléaires ou encore de retombées de tests d’armes atomiques.

L’équipe a testé des échantillons d’air datant de la période 1974-2020 et a découvert une augmentation de la concentration d’hélium 4 sur les cinquante dernières années. Ainsi, ils ont conclu à une augmentation proportionnelle de celle de l’hélium 3. En effet, le ratio entre les isotopes de l’hélium est globalement stable. Cependant, les scientifiques n’ont pas pu expliquer l’origine de ce « bonus » d’hélium 3. Selon eux, il est possiblement question de problèmes avec les précédents calculs ou encore d’une mauvaise prise en compte des sources d’émission.

Enfin, il n’est absolument pas question d’exploiter l’hélium 3 sur Terre, car les quantités restent infimes. Ainsi, les missions vers la Lune resteront le meilleur moyen d’obtenir cette ressource tant désirée. Toutefois, les recherches de Benjamin Birner pourraient permettre de mieux comprendre quelles énergies fossiles sont responsables de quelles émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, les conséquences des activités humaines sur le climat seraient mieux comprises, rendant ainsi les mesures à apporter plus précises et efficaces.