Sur Terre, plus de la moitié des espèces vivent sous terre

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Jusqu’à présent, nous pensions qu’environ un quart de la biodiversité évoluait principalement dans le sol. Dans le cadre d’une étude, des chercheurs ont néanmoins récemment réévalué ces résultats en considérant davantage de groupes d’espèces. Finalement, pour plus de la moitié d’entre elles, le sol est un habitat essentiel.

Un monde souterrain complexe et diversifié

Le sol est un écosystème qui abrite une multitude d’organismes vivants. Cependant, la diversité totale des formes de vie souterraines reste largement inconnue. Cela est en grande partie dû à la complexité de cet environnement. Les méthodes d’échantillonnage sont aussi limitées dans la mesure où elles ne couvrent qu’une petite partie de l’écosystème souterrain. Les efforts antérieurs pour dénombrer la biodiversité des sols ne considéraient en outre que certains types d’organismes (par exemple les animaux).

Dans le cadre d’une nouvelle recherche, des scientifiques de l’Institut fédéral suisse de recherches sur la forêt, la neige et le paysage ont toutefois passé en revue la littérature sur la biodiversité tout en prenant soin d’intégrer les représentants des organismes les plus simples (microbiens) aux plus complexes (mammifères). Il ressort de ces analyses que les sols terrestres abritent probablement environ 59% (± 15 %) des espèces. Plus précisément, 59% des espèces dépendent du sol pendant une ou plusieurs étapes de leur vie. Il s’agit d’une estimation environ deux fois supérieure aux estimations précédentes.

Parmi les groupes étudiés, les chercheurs ont trouvé la plus forte proportion de dépendance au sol chez les Enchytraeidae, également connus sous le nom de vers blancs (98,6%). Ces organismes sont souvent plus petits que les vers de terre typiques et ont une apparence plus translucide (d’où leur surnom). Largement répandus, ils jouent un rôle important dans les écosystèmes terrestres, en particulier dans les sols humides et riches en matière organique. Ils sont suivis des champignons (90% sont dépendants des sols), des plantes (85,5%) et des Isoptera, un ordre d’insectes sociaux plus communément connus sous le nom de termites (84,2%).

Sans grande surprise, la plus faible dépendance au sol provenait des mammifères, dont environ 4 % dépendent du sol pendant une ou plusieurs étapes de leur cycle de vie.

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Un pas de plus pour favoriser la conservation des espèces

Ces résultats publiés dans les Actes de la National Academy of Sciences USA sont importants pour deux raisons. D’une part, ils confirment que les sols sont l’habitat singulier le plus riche en biodiversité. D’autre part, une meilleure estimation de la biodiversité dans les sols pourrait avoir un impact significatif sur les techniques de préservation et de gestion des écosystèmes terrestres.

En comprenant plus précisément la diversité des organismes vivant dans les sols et en identifiant les espèces clés qui jouent des rôles cruciaux dans les processus écologiques, les gestionnaires pourraient en effet prendre des décisions plus éclairées sur la conservation et la restauration des habitats. Une telle étude pourrait aussi aider à développer des pratiques agricoles plus durables en favorisant la santé des sols.