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Des tempêtes de méthane extrêmes s’abattent sur Titan, la lune de Saturne

Crédits : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

Des simulations récentes s’appuyant sur les données renvoyées par Cassini suggèrent la présence de tempêtes de méthane extrêmes sur Titan, la lune de Saturne. Les détails de cette étude ont été publiés dans la revue Nature Geoscience.

Titan est un lieu mystérieux et plus on en apprend, plus il y a de surprises en magasin ! En plus d’être le seul corps hormis la Terre à être doté d’une atmosphère dense et riche en azote, vous retrouverez également sur Titan des lacs de méthane à la surface et des nuages ​​du même composant dans son atmosphère. Ce cycle hydrologique est par ailleurs très semblable au cycle de l’eau ici sur Terre. Ces données, c’est la mission Cassini-Huygens qui les fournit. Et si la sonde n’est plus aujourd’hui, les chercheurs continuent d’analyser les dernières informations transmises avant sa désintégration. La dernière en date est il y aurait bien des tempêtes sur Titan. En dépit d’être un événement rare, ces tempêtes de pluie peuvent apparemment devenir assez extrêmes.

Des chercheurs du département des sciences planétaires et spatiales de l’Université de Californie ont en effet récemment effectué des simulations en s’appuyant sur les données renvoyées par la sonde pour tenter de déterminer comment les événements météorologiques extrêmes ont façonné la surface de la Lune. Comme sur Terre, les résultats suggèrent ici que les tempêtes de pluie de méthane peuvent imprimer la surface glacée de la lune avec une telle puissance qu’elles seraient en mesure de façonner sa surface rocheuse. Sur Terre, les pluies intenses jouent un rôle important dans l’évolution géologique. Lorsque les pluies sont abondantes, les tempêtes peuvent déclencher des courants qui transportent les sédiments vers les terres basses où elles forment des éléments appelés « cônes alluviaux » du fait de leur forme conique.

Ainsi, la surface de Titan pourrait elle aussi être affectée par des pluies très intenses. Notons par ailleurs que même si cette pluie s’accumule surtout près des pôles où se trouvent les principaux lacs de Titan, les pluies les plus intenses se produisent à près de soixante degrés de latitude où les cônes alluviaux sont le plus fortement concentrés. Comme l’a indiqué Jonathan Mitchell, professeur agrégé de science planétaire à l’Université de Californie et principal auteur de l’étude, « ce modèle n’est pas si différent de certains phénomènes météorologiques extrêmes qui ont récemment balayé la Terre. Les tempêtes de méthane les plus intenses de notre modèle climatique déversent plusieurs centimètres de pluie par jour, ce qui se rapproche de ce que nous avons vu à Houston au passage de l’ouragan Harvey cet été ».

L’équipe a également constaté que sur Titan, les tempêtes de méthane sont plutôt rares et se produisent moins d’une fois par année sur Titan, ce qui correspond à 29 ans et demi sur Terre. Il semblerait également que sur Titan, de grandes variations de température et d’humidité soient à l’origine de ces phénomènes météorologiques extrêmes. Lorsque l’air plus frais et plus humide des hautes latitudes interagit avec l’air plus chaud et plus sec des basses latitudes, il en résulte de fortes pluies. En fin de compte, la compréhension de la relation entre les précipitations et les surfaces planétaires pourrait donner de nouvelles perspectives sur l’impact du changement climatique sur la Terre et sur les autres planètes.

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