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Il y a plus de 10 000 ans, une tempête de feu mettait à mal notre Terre

feu incendie foret
Crédits : ico_k-pax / iStock

Depuis sa création, puis l’apparition de la vie, la planète Terre a subi de nombreux cataclysmes. Il y a environ 13 000 ans, une tempête de feu s’est par exemple étendue à près d’un dixième de la surface terrestre. Or, des chercheurs estiment que cette catastrophe peut rivaliser en termes de gravité avec celle générée par l’astéroïde ayant exterminé les dinosaures.

Un court épisode glaciaire de 1 200 ans

Lorsque nous pensons aux cataclysmes ayant ravagé la Terre, l’astéroïde à l’origine du cratère de Chicxulub vient souvent en première position. L’objet de quatorze kilomètres de large avait heurté la Terre il y a 66 millions d’années et généré l’extinction de masse ayant mis fin au règne des dinosaures. La collision avait alors fait apparaître de gigantesques feux de forêt, des ouragans, des séismes ainsi que d’importants glissements de terrain. Dernièrement, des scientifiques ont estimé que l’astéroïde avait aussi généré un tsunami dont les vagues avaient atteint 1 500 mètres de hauteur.

Chicxulub astéroïde
Crédits : Flickr/ NASA blueshift

Le 7 février 2022, un article publié dans Science Alert met cependant en lumière un autre cataclysme. Or, celui-ci a eu lieu bien plus proche de nous en termes de chronologie : il y a environ 13 000 ans. La Terre a été couverte par une tempête de feu sur près d’un dixième de sa surface. Une équipe de l’Université du Kansas (États-Unis) avait publié une étude sur le sujet en 2018. Pour les chercheurs, l’hypothèse la plus probable est qu’une imposante comète a subi une fragmentation à son arrivée. Les différents morceaux ont alors impacté la Terre et provoqué la catastrophe.

Il faut dire que les conséquences de cette tempête de feu peuvent se comparer à celles de l’astéroïde de Chicxulub. Les gigantesques incendies ont effectivement engendré d’énormes nuages de poussière qui ont étouffé la Terre. Notre planète est alors entrée dans un épisode glaciaire de 1 200 ans alors que celle-ci sortait tout juste de 100 000 ans de couverture de glaciers. La vie a ensuite pu reprendre après la disparition des incendies.

10 millions de km² ravagés par les flammes

En 2018, les 84 scientifiques de l’étude ont mesuré de nombreux marqueurs géochimiques et isotopiques sur pas moins de 170 lieux présents aux quatre coins du monde. L’objectif ? Recomposer l’histoire de cette immense tempête de feu. Ces marqueurs, dont le dioxyde de carbone, le nitrate et l’ammoniac, ont permis d’évaluer les dégâts sur un total de 10 millions de km², soit un peu moins d’un dixième des terres émergées.

Plusieurs réponses de la nature se sont mises en place afin de faire repartir la vie sur ces imposantes surfaces calcinées. Par exemple, des forêts de pins carbonisées ont laissé place à des forêts de peupliers, une espèce plus adaptée aux sols stériles. Quant aux humains, ils ont fait face à des conditions difficiles. L’appauvrissement de la couche d’ozone a entre autres augmenté la survenue de cancers de la peau.

Nommé Dryas récent (voir frise chronologique), l’épisode glaciaire de 1 200 ans représente l’ultime oscillation froide de la dernière période glaciaire. Or, cette variation restait inexpliquée avant les travaux des chercheurs américains au sujet de la tempête de feu. Néanmoins, rappelons que l’hypothèse de la fragmentation d’une comète, dont les morceaux ont généré la tempête, ne date pas d’hier et que depuis des décennies, elle ne fait toujours pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique.

Dryas récent
Crédits : Daniel E. Platt / Wikipédia