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Le Télescope géant européen, futur « monstre » de l’astronomie

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Vue d'artiste du Télescope géant européen. Crédits : Swinburne Astronomy Productions/ESO

Plusieurs grands observatoires feront leurs débuts au cours de ces prochaines années. Citons le James Webb Telescope ou le Square Kilometre Array (SKA), qui sera pleinement opérationnel dès le début des années 2030. Entre les deux verra le jour un troisième outil très attendu : le Télescope géant européen, qui promet de jeter un nouveau regard sur l’Univers.

Vous le retrouverez au nord du Chili, sur le Cerro Armazones, à une vingtaine de kilomètres à l’est du Cerro Paranal. C’est ici, au cœur du désert d’Atacama, à plus de 3 000 mètres d’altitude, que fut posée la « première pierre » du futur grand télescope optique au monde il y a quasiment quatre ans, en mai 2017. L’observatoire, dont le coût avoisine le milliard d’euros, devrait pouvoir capter sa première lumière dès le début de l’année 2025, bénéficiant d’un ciel totalement dégagé pendant une grande partie de l’année, ainsi que d’un air sec et froid. Il succèdera à l’actuel Very Large Telescope (VLT).

Un miroir gigantesque

Un seul chiffre résume à lui seul l’énormité du Télescope géant européen – ou en anglais Extremely Large Telescope (ELT) : le diamètre de son miroir principal (ou réflecteur), qui sera de 39,3 mètres. Concrètement, plus la surface d’un miroir est grande, plus celui-ci collecte de lumière et plus il rend visibles des objets faiblement lumineux.

Grâce à ce miroir, l’ELT pourra collecter à lui seul plus de lumière que tous les grands télescopes terrestres actuels réunis. Comparé à son prédécesseur, le VLT, il permettra aux astronomes d’accéder à des objets vingt-cinq fois moins lumineux. Partant du principe que la brillance d’un objet décroît avec le carré de la distance qui nous en sépare, dire qu’un objet est vingt-cinq fois moins lumineux qu’un autre revient donc à dire qu’il se situe cinq fois plus loin. Autrement dit, l’ELT va multiplier par cinq la taille de l’Univers observable.

Exoplanètes et premières lumières stellaires

S’appuyant sur ces incroyables caractéristiques techniques, les chercheurs pourront obtenir des images directes d’exoplanètes rocheuses (comme la Terre) dans un rayon de plus de vingt-cinq années-lumière. Certaines pourraient alors évoluer dans la « zone d’habitabilité » de leur étoile – permettant l’existence d’eau liquide en surface. Une fois ces mondes ciblés, les chercheurs pourront alors analyser leur atmosphère et détecter la présence éventuelle de vie à travers la présence et la proportion de certains gaz.

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La taille de l’E-ELT et du VLT comparée à celle de l’Arc de Triomphe. Crédits : ESO

À l’autre bout de l’échelle, l’ELT permettra également de pouvoir sonder la prime enfance de l’univers. Une période en particulier intéresse les chercheurs : la fin des Âges sombres, qui marque au passage le début de l’Ère stellaire. Autrement dit, le passage d’un univers primordial uniformément baigné d’un rayonnement chaud et brillant, à un univers permettant l’allumage de la toute première génération d’étoiles.