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La technologie blockchain, c’est quoi ?

Crédits : Pixabay / Make-someones-day

En une dizaine d’années, la blockchain s’est imposée comme une technologie majeure de notre temps. Il s’agit d’un procédé informatique derrière les crypto-monnaies comme le Bitcoin. Pourtant, bien des articles de grands quotidiens en parlent sans jamais vraiment l’expliquer. Dans cet article, intéressons-nous à la définition de la blockchain et de son fonctionnement, mais avant toutes choses faisons un petit détour historique.

La blockchain et les crypto-monnaies avant le Bitcoin

La blockchain n’est pas tout à fait née avec la création en 2009 de la fameuse crypto-monnaie Bitcoin. C’est en effet David Chaum, un doctorant de l’université de Californie à Berkeley, qui jette les bases de la technologie en 1982 avec sa thèse intitulée « Systèmes informatiques établis, maintenus et approuvés par des groupes mutuellement méfiants ». Ensuite, dans les années 1990, le cryptologue américain lance une première monnaie virtuelle, le DigiCash. Cependant, le succès n’est pas au rendez-vous et l’entreprise soutenant le projet ferme en 1998.

D’autres cryptos sont imaginées avant la fin du millénaire comme le Bit gold ou le B-money. Ces deux exemples restent au stade de projet, mais inspirent l’énigmatique Satoshi Nakamoto dans la création du Bitcoin. On ne sait pas qui se cache derrière ce pseudonyme, mais l’individu (ou le groupe de personnes) publie en 2008 un livre blanc décrivant le fonctionnement du Bitcoin. Une année plus tard, Satoshi Nakamoto lance la future star des crypto-monnaies.

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Crédits : Make-someones-day / Pixabay

Une définition institutionnelle de la technologie blockchain

La mission d’information commune de l’Assemblée nationale sur les usages des chaînes de blocs (le terme français pour la blockchain) et autres technologies de certification de registre inscrit la définition de la blockchain dans un rapport de 2018 : « Une blockchain est un registre, une grande base de données qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs, tous également détenteurs de ce registre, et qui ont également tous la capacité d’y inscrire des données, selon des règles spécifiques fixées par un protocole informatique très bien sécurisé grâce à la cryptographie. »

Une explication plus détaillée de la blockchain

L’exemple classique des banques

Avant l’avènement de la blockchain, une seule entité détient généralement une base de données (ou registre). Si nous prenons l’exemple d’une banque, le contenu des comptes ou des transactions est consigné sur un serveur informatique. Un client peut consulter le solde de son compte en interrogeant la banque. Elle lui donne alors l’information suivant la base de données. S’il retire de l’argent, la banque modifie cette dernière et le client ne connaît rien d’autre. Les informations du registre sont centralisées et opaques dans le sens où vous ignorez qui détient des créances.

Les changements induits par la technologie de la blockchain

La blockchain est un registre où est inscrit tout l’historique des opérations. Une fois une transaction faite entre deux personnes dans la blockchain, l’opération est cryptée et validée par un algorithme de consensus. Cela consiste en une série de vérifications afin de déterminer si la transaction respecte les règles établies et s’il n’y a pas de faute ni de tricherie par rapport aux opérations ultérieures. Une fois cette tâche effectuée, la transaction est ensuite inscrite dans un bloc, tel un nouveau maillon dans la blockchain. Enfin, la version est partagée avec les ordinateurs détenant le registre.

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Crédits : Pixabay / Tumisu

Avec la technologie de la blockchain, le registre est décentralisé. Il n’y a pas un serveur qui détient la base de données, mais une multitude qui n’ont pas d’autres liens entre eux que celui de la blockchain. L’information est partagée : tout le monde peut consulter l’historique des transactions depuis le début de la blockchain.

Les avantages de la blockchain

Contrairement à l’exemple de la banque, composée de services dédiés à la maintenance des bases de données, la blockchain s’occupe de la gestion avec des protocoles informatiques automatisés. Il y a donc de réelles économies de coût d’entretien, de main-d’œuvre ou encore de frais de transaction. Le système est sécurisé, car la vérification d’une opération se fait par le biais d’un réseau de serveurs informatiques indépendants. La rapidité est aussi un atout avec des transactions qui s’effectuent en quelques secondes. Aussi, la blockchain est loin de se cantonner aux crypto-monnaies. Ses usages sont nombreux et parfois même surprenants !