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À Tchernobyl, les arbres morts ne se décomposent pas comme ils le devraient

Crédits : Brockenhexe / Pixabay

La processus de décomposition de la matière est altéré par la radioactivité de la zone contaminée par la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Une étude menée par des universités françaises et américaines a pu prouver ce fait.

« Les arbres morts, les plantes et les feuilles sur le site contaminé ne se décomposent pas à la même vitesse » que les plantes poussant autre part dans le monde, selon la NBC le 26 mars 2015.

Une trentaine d’années après la catastrophe de Tchernobyl, deux chercheurs ont mené une étude publiée dans la revue Oecologia le 4 mars 2015. Ces scientifiques sont Tim Mousseau de l’université de Caroline du Sud (US) et Anders Møller de Paris-Sud (France). Le but de cette récente étude est de prouver que la faune et la flore de la zone contaminée a été affectée. Mais la particularité de ces recherches réside dans le fait qu’elles s’intéressent aux « décomposeurs », représentés par les insectes, microbes ou encore le fungi (fonge), une sorte de champignon. Ces décomposeurs auraient donc été impactés par la catastrophe, ayant une incidence sur la vitesse du processus de décomposition.

Dans le but de vérifier cette hypothèse, les chercheurs ont rempli 600 petits sacs de feuilles non-contaminées, pour les déposer ci et là, dans des zones radioactives ou non. Les résultats indiquent que « Dans les zones sans radiation, 70% à 90% des feuilles avaient disparu après un an. Mais dans des zones avec plus de radiations, les feuilles gardaient près de 60% de leur poids d’origine », selon le Smithsonian du 14 mars 2015. Les chercheurs estiment que « la radiation a inhibé la décomposition microbienne » des feuilles déposées en zone contaminée. Cependant, ce constat implique un danger tout autre :

« C’est sec, ça s’allume et ça brûle assez facilement et rend donc plus probable le départ d’un feu de forêt catastrophique », explique ainsi Tim Mousseau à propos de la matière végétale non décomposée.

La forêt de la zone de Tchernobyl est remplie de ce combustible parfait, et a déjà essuyé des incendies importants par le passé, par exemple en 1992, ayant pour conséquence la propulsion dans l’air d’éléments radioactifs.

Sources : Slate – NBCOecologia