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Une nouvelle étude tend à clarifier les raisons expliquant la taille des feuilles des végétaux. Savez-vous pourquoi la taille de la feuille de bananier plus importante que celle de la bruyère bien connue par chez nous ? Ce n’est pas lié aux pluies tropicales, mais à la douceur des températures durant la nuit.

Les plantes tropicales sont pourvues de feuilles souvent bien plus grandes que les plantes que nous voyons en Europe, un constat que vous avez peut-être déjà fait. Il en va de même pour les régions plus proches des pôles que de l’Équateur ainsi que des zones d’altitude selon une étude parue dans la revue Science le 1er septembre 2017.

Ces recherches menées à l’échelon international tendent à répondre à une question que se posent les botanistes depuis environ plus d’un siècle. Selon l’un des chercheurs ayant mené l’étude, à savoir Vincent Maire de l’Université du Québec à Trois-Rivières, « les premiers écologues au 19e siècle pensaient que c’était les fortes précipitations tropicales qui permettaient aux espèces à feuilles larges de s’épanouir, ce qui n’est pas le cas. »

En fait, cette répartition mondiale des végétaux est liée aux températures nocturnes, mais pour arriver à cette conclusion, il fallait d’abord être partiellement dans l’erreur. Après 1960, physiologistes et physiciens ont tenté de mieux comprendre le phénomène et leurs observations faisaient état d’une plus grande exposition à la surchauffe des grandes feuilles par rapport aux petites. Selon les chercheurs de l’époque, les grandes feuilles avaient donc besoin d’un refroidissement plus important par transpiration et donc d’une plus grande consommation en eau.

Cette affirmation fonctionnait pour la présence de petites feuilles dans les lieux arides, moins enclins à perdre leur eau par évaporation ainsi que pour les grandes feuilles situées dans les sous-bois et vivant donc la plupart du temps dans l’ombre et l’humidité. Cependant, le cas des larges feuilles situées dans les milieux tropicaux restait toujours un épais mystère.

Les chercheurs ayant mené l’étude la plus récente ont collecté des feuilles de 7670 espèces de plantes dans 682 sites répartis autour du monde, une vaste enquête encore jamais réalisée avec autant de détermination. Des modélisations ont ensuite été réalisées afin de mesurer les échanges énergétiques au niveau de ces mêmes feuilles.

« Les grandes feuilles sont ainsi plus vulnérables au refroidissement nocturne, pendant lequel elles perdent leur chaleur par rayonnement », indique Vincent Maire.

Cela est dû au fait que chaque feuille est entourée d’une couche d’air plus ou moins épaisse en fonction de la taille de la feuille. Ainsi, pour une feuille, il est plus judicieux de réduire sa taille en cas de nuit froide et cette même taille est proportionnelle à la température. Pour les scientifiques, ces recherches vont également servir à surveiller l’évolution de la végétation dans le contexte de réchauffement global actuel.

Sources : Science & VieFrance Inter