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Sue, le célèbre T-Rex, souffrait d’une terrible infection avant de mourir

Le squelette de Sue, exposé au Field Museum of Natural History de Chicago. Crédits : Zissoudisctrucker/wikipédia

L’analyse des dents de Sue, l’un des plus célèbres T-Rex du monde, semble confirmer l’idée que l’animal souffrait d’une infection parasitaire au terme de sa vie. C’est d’ailleurs peut-être cette infection qui a entraîné sa mort.

Sue est l’un des plus grands T-Rex jamais retrouvés et c’est aussi le plus complet. Découvert en 1990 dans la réserve indienne de Cheyenne River, dans le Dakota du Sud, le théropode (dont le sexe est indéterminé) mesurait à son époque, il y a 67 millions d’années, 12,8 m de long et 3,9 m de haut au niveau des hanches.

La question de sa mort est encore débattue. Certains suggèrent que l’animal s’est noyé dans une rivière. D’autres, en revanche, évoquent la possibilité que le T-Rex soit finalement mort de faim, éprouvant des difficultés à se nourrir à cause d’une infection parasitaire. Telle était en effet la conclusion d’une étude publiée en 2009 dans la revue Plos One.

La mâchoire de Sue, dont le squelette est exposé au Field Museum de Chicago, affiche en effet plusieurs trous que certains croyaient être des cicatrices de bataille. En réalité, les chercheurs avaient conclu que ces cicatrices ne résultaient pas d’un affrontement avec un autre titan, mais qu’elles étaient l’oeuvre d’un petit parasite nommé trichomonas gallinae. Ce parasite, responsable de la trichomonose, est aujourd’hui encore actif, principalement chez les oiseaux de proie chez qui il peut provoquer des lésions graves dans la partie inférieure du bec.

Un gros mal de dents ?

Une nouvelle étude dirigée par la paléontologue Kirstin Brink, de l’Université du Manitoba à Winnipeg (Canada), laisse à penser que cette infection parasitaire pourrait également avoir déformé plusieurs dents de Sue. En les analysant grâce à des images numériques 3D, provenant de scans CT (tomodensitométrie), la chercheuse a en effet souligné que trois d’entre elles étaient étrangement « écrasées et pliées« , affichant « une texture étrange, presque ondulante sur les côtés« . Sur ces trois dents, deux avaient également fusionné.

Nous savons que les problèmes dentaires étaient fréquents chez les théropodes. En revanche, la plupart avaient probablement une origine génétique. Ici, le fait que seules trois dents de l’animal aient été affectées, et non l’ensemble de la dentition, permet d’écarter l’hypothèse génétique. D’après la paléontologue, il s’agirait bien d’une conséquence de cette supposée infection parasitaire proposée en 2009.

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Kirstin Brink photographie les mâchoires de Sue. Crédits : Christopher McGarrity

La chercheuse note que les oiseaux modernes (descendants des théropodes) qui contractent la trichomonose développent aujourd’hui de grandes excroissances cireuses dans la gorge. « L’infection peut également se propager à travers le crâne et à travers la peau, de sorte que de nombreux tissus dans la tête peuvent être affectés« , explique-t-elle. Cependant, les oiseaux modernes ayant perdu leurs dents, il nous est difficile de savoir si cette infection pourrait ou non les affecter.