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Le syndrome d’IKEA, ça marche aussi avec les robots !

Crédits : iStock

Des chercheurs indiens ont tenté de comprendre si le fait d’assembler soi-même son robot faciliterait une relation affectueuse entre l’homme et l’intelligence artificielle qui le servira.

En terme de robotique relative au marché destiné au grand public, l’attachement à la machine est une question épineuse. Le fait d’utiliser quotidiennement un robot humanoïde sans l’aimer, ne serait-ce qu’un tout petit peu, apparait comme quelque chose d’inconcevable. Mais comment assurer cette relation affectueuse ? Le fait de le monter soi-même serait une éventuelle possibilité.

Les chercheurs indiens S. Shyam Sundar et Yuan Sun de l’Université de Pennsylvanie (États-Unis) se sont donc penchés sur la question. Ces derniers ont tenté d’adapter à la robotique grand public une notion de leur invention : le syndrome IKEA. Les résultats de cette étude ont été présentés à la dernière International Conference on Human-Robot Interaction (HRI) qui s’est déroulée en Nouvelle-Zélande du 7 au 11 mars 2016.

Le syndrome IKEA représenterait le sentiment de satisfaction que l’on obtient après avoir monté son meuble en kit, commercialisé par la célèbre marque suédoise. Quand bien même 10% des Français auront le même meuble que nous, le fait de l’avoir monté soi-même permettrait de renforcer le sentiment d’appartenance. Ce meuble que nous avons construit, nous y tenons, et ce même s’il s’agit d’une illusion puisqu’en réalité, le meuble est vendu en kit pour des raisons d’optimisation de stockage lors de l’acheminement vers les points de vente. En somme, c’est un peu comme si une part de nous avait fabriqué le meuble, et ce par le simple fait de l’avoir monté.

Ce lien étrange, entre la consommation et l’appropriation des produits, a été transposé par les chercheurs au monde de la robotique grand public. 80 personnes sans connaissances aiguës en robotique ont alors reçu un robot humanoïde. Cependant, 40 d’entre elles ont reçu une machine en kit à monter, dont l’assemblage était relativement simple, tandis que les 40 autres ont reçu le même produit, mais le montage avait été effectué par des personnes participant au déroulement de l’étude.

Après l’étape du montage, les deux groupes ont été mis en relation avec leur robot pendant un court laps de temps : dix minutes, le temps d’également remplir un questionnaire visant à communiquer sur l’éventuel lien d’affection qui s’est créé quant à leur ressenti pendant l’expérience. Selon les résultats, les volontaires du groupe ayant participé à la construction de leur robot ont été plus enclins à créé une relation affectueuse avec celui-ci.

Construire soi-même son robot modifierait donc complètement la nature de la relation. Et même si lors de l’expérience, le montage constituait en un assemblage de pièces déjà préparées et quelques personnalisations, autrement dit pas grand-chose, le simple fait d’y avoir participé changerait grandement la donne.

« Nous ne communiquerons plus seulement avec une IA de Google ou Apple, mais avec un outil que vous avez réalisé, abolissant l’opposition typique maître-esclave face au produit » indique les meneurs de l’étude.

Ce sentiment de satisfaction accompagné de cette relation affectueuse ne devra pas être similaire à ceux d’un père (ou d’une mère) ayant conçu un enfant, fort heureusement. Mais jusqu’où la robotique grand public ira, surtout si elle se met à reprendre des techniques commerciales imputées à la mondialisation intégrant des notions psychologiques ?

Sources : Tech2The Times of IndiaNumérama