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Sur les traces de SpaceX, Rocket Lab récupère un booster en “bon état”

Crédits : Rocket Lab

Comme le fait SpaceX depuis 2015, la jeune société néo-zélandaise Rocket Lab ambitionne de récupérer ses boosters pour être plus compétitive. Un premier test grandeur nature a récemment eu lieu. Et visiblement, les nouvelles sont bonnes.

Le 20 novembre dernier, la société Rocket Lab, spécialisée dans l’envoi de petites charges utiles, franchissait une étape majeure en récupérant le premier étage de sa fusée Electron après avoir livré une trentaine de satellites en orbite terrestre. Le booster est en effet redescendu sur Terre avec succès avant de plonger à environ 650 kilomètres des côtes néo-zélandaises. Il a ensuite été récupéré par un navire dédié avant d’être rapatrié en usine pour être analysé.

Notez que la fusée Electron est trop petite (environ dix-huit mètres) pour pouvoir emmener suffisamment de carburant lui permettant d’effectuer des touchés motorisés à la manière de SpaceX. Aussi, les ingénieurs de Rocket Lab ont finalement opté pour le déploiement de parachutes, de manière à ralentir la structure avant de la repêcher dans l’océan. Toutefois, à terme, il est prévu que Rocket Lab “attrape” ces boosters directement en vol par hélicoptère avant qu’ils ne plongent dans l’eau.

Un booster en “bon état”

Ceci dit, la société vient de fournir une évaluation préliminaire de l’état de son booster. Bien qu’ils aient effectué un certain nombre de tests avant cette mission, les ingénieurs n’étaient pas tout à fait sûrs de ce qu’ils récupéreraient. Il faut dire que la structure a tout de même essuyé des températures supérieures à 2400°C lors de sa descente. A priori, les nouvelles sont plutôt bonnes.

« L’étage a remarquablement bien résisté », peut-on lire dans un communiqué. « La structure en composite de carbone était complètement intacte. Comme prévu, le bouclier thermique a subi des dommages thermiques lors de la rentrée. Il n’a pas été conçu pour ce type de charge, mais avant de le renforcer, nous voulions voir juste combien de chaleur il pouvait encaisser. Grâce aux données recueillies, notre équipe a déjà commencé à travailler sur des mises à niveau pour les futures missions de récupération ».

Rocket Lab prévoit également de relancer certains composants de ce booster. En revanche, le communiqué de presse n’indique pas dans quelle mesure la section du moteur de la fusée, avec ses neuf moteurs Rutherford, s’est comportée lors de la rentrée. La société n’a pas non plus publié de photos de la section moteur elle-même. Aussi, nous pourrions imaginer qu’il y a encore un travail important à faire pour protéger cette zone.

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Le navire de récupération “Catch of the Day” de Rocket Lab s’approche du premier étage de la fusée Electron. Crédits : Rocket Lab

Encore des tests à venir

Côté calendrier, la prochaine mission de Rocket Lab, prévue le 12 décembre prochain pour le compte l’entreprise japonaise Synspective, sera une mission “classique”. En revanche, il est question que la société opère une nouvelle tentative de récupération au début de l’année prochaine. Là encore, il s’agira de faire tomber le booster dans l’océan de manière à recueillir des données supplémentaires. En cas de nouveau succès, Rocket Lab pourrait alors envisager un premier test avec hélicoptère.

BONUS : la vidéo ci-dessous vous permet d’apprécier la séparation du booster et du second étage de la fusée Electron le 20 novembre dernier :