in

Bételgeuse : on sait pourquoi elle a subit de brusques changements de luminosité

L'étoile Bételgeuse. Crédits : ALMA (ESO / NAOJ / NRAO) / E. O'Gorman / P. Kervella

La gradation de Bételgeuse n’est probablement pas le signe d’une explosion imminente. Selon une étude, il semblerait qu’un simple rejet de poussière en soit finalement la cause.

La supergéante rouge Bételgeuse, retrouvée à environ 470 années-lumière de la Terre, fait parler d’elle depuis plusieurs semaines. Et pour cause, au cours des trois derniers mois, des télescopes ont enregistré des baisses soudaines et très importantes de sa luminosité, parfois même jusqu’à 40%.

Nous savons que l’étoile est en fin de vie, certains spécialistes estimant que son trépas pourrait même survenir dans moins de 100 000 ans. C’est pourquoi il a été suggéré que ces gradations pouvaient témoigner d’une possible explosion imminente. Néanmoins, si tel avait été le cas, nous aurions observé une baisse constante de l’énergie émise par l’étoile. Or, il semblerait que Bételgeuse ait depuis quelques jours retrouvé un peu de sa luminosité perdue.

Pour expliquer cette gradation, d’autres explications plus probables ont donc été avancées.

La première propose que Bételgeuse, qui est un objet dit « variable », a simplement essuyé un épisode de fluctuation exceptionnelle, tandis que la seconde suggère que l’étoile, qui émet en permanence de forts vents stellaires, a récemment émis une grosse bouffée de gaz et de poussière. Si tel avait été le cas, cette matière expulsée aurait alors pu absorber une partie de sa luminosité avant de s’évaporer complètement.

bételgeuse
Sur cette image “avant et après”, la luminosité de l’étoile paraît uniforme en janvier 2019. En revanche, elle semble s’estomper dans l’hémisphère sud au mois de décembre suivant. Crédits : ESO

Juste de la poussière

Un moyen simple de trancher entre ces possibilités était de déterminer la température de surface effective de Bételgeuse. De manière très générale, la première option impliquait une forte baisse de sa température, tandis qu’une expulsion de matière n’aurait entraîné qu’une légère baisse.

Récemment, les astronomes Emily Levesque et Philip Massey se sont donc appuyés sur l’Observatoire Lowell pour prendre la température de Bételgeuse au 14 février. Selon leurs calculs, celle-ci était d’environ 3325 degrés Celsius, soit seulement 50 à 100 degrés Celsius plus fraîche que la température habituelle de l’étoile.

Ainsi, pour les chercheurs, Bételgeuse – comme beaucoup de supergéantes rouges ont tendance à le faire – a probablement expulsé une partie de ses couches externes. Ceci expliquerait à la fois la baisse graduelle de luminosité et la baisse non significative de la température de surface enregistrée.

« Ça fait partie de leur cycle de vie, explique Emily Levesque. Les supergéantes rouges perdent occasionnellement de la matière qui se condense ensuite autour de l’étoile. En se refroidissant, ces grains de poussière absorbent alors une partie de la lumière se dirigeant vers la Terre ».

Pour la supernova, il va donc falloir patienter encore un peu. Il est même très peu probable que Bételgeuse explose de notre vivant. Néanmoins, cela ne nous empêche pas d’imaginer le scénario. Récemment, des chercheurs ont calculé que la déflagration serait si puissante que l’étoile pourrait apparaître dans le ciel aussi brillante qu’un premier quartier de Lune pendant au moins trois mois.

Source

Articles liés :

Une étoile errante pourrait-elle expulser la Terre du système solaire ?

Ce sont les plus anciennes poussières d’étoiles jamais découvertes

Découverte d’une planète de taille terrestre dans la zone habitable de son étoile