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Une superbactérie résistante à tous les antibiotiques découverte en septembre

Crédits : PublicDomainPictures.net

Des médecins américains rapportaient ce vendredi le décès d’une femme de 70 ans dans le Nevada suite à une infection pulmonaire provoquée par une bactérie résistante à tous les antibiotiques disponibles à ce jour.

Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé le vendredi 13 janvier qu’une femme de 70 ans porteuse d’une bactérie multirésistante aux antibiotiques est décédée en septembre dernier dans un hôpital du Nevada. La septuagénaire, qui a finalement succombé à une septicémie, était porteuse d’une souche hautement résistante de Klebsiella pneumoniae, responsable d’infections respiratoires, intestinales et urinaires. L’analyse microbiologique réalisée confirme que cette bactérie est résistante à la classe des carbapénèmes, un des antibiotiques au spectre d’action le plus large. Mais plus alarmant, la bactérie s’est avérée résistante à tous les médicaments antimicrobiens disponibles.

« Tous les médicaments actuellement disponibles ont été testés, mais cela n’a pas été efficace », a déploré le Dr Alexander Kallen, l’un des auteurs de l’étude. Un décès de plus qui illustre une nouvelle fois les dangers de l’antibiorésistance, aujourd’hui reconnue comme un problème majeur en termes de santé humaine et animale au niveau international. En effet, les antibiotiques qui sont des médicaments capables d’entraîner la destruction de bactéries ou l’arrêt de leur multiplication doivent aujourd’hui faire face à un phénomène naturel de défense des bactéries vis-à-vis de l’action exercée. Au cours des derniers mois, plusieurs superbactéries résistantes aux molécules de dernier recours ont d’ailleurs été identifiées. En France, 12 500 personnes meurent d’une infection causée par une bactérie résistante chaque année.

Si les médecins américains reconnaissent que cette souche de K.pneumoniae est très rare, ils soulignent que la menace se fait de plus en plus grande. Si rien n’est fait pour stopper la progression de l’antibiorésistance, nous pourrions manquer de moyens efficaces pour traiter certaines infections animales et humaines, surtout en l’absence de développement de nouveaux antibiotiques. À terme, plus de 10 millions de décès dans le monde pourraient être attribués à l’inefficacité des antibiotiques d’ici 2050. Ces chiffres sont aussi élevés que ceux concernant le cancer.

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