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Suisse : un refuge face aux ondes électromagnétiques

Crédits : Oliver Tölkes / Wikipedia

Les ondes émanant des antennes relais suscitent toujours autant de questionnements. Pourtant, des gens se déclarent électrosensibles et cherchent une solution à leur problème. Tel est le cas de 14 personnes qui ont trouvé refuge dans la commune de Leimbach proche de Zurich en Suisse. Environ 5 millions d’euros investis en partie par la ville pour cet édifice pour qui elle a même fourni le terrain de 1200 m2.

Fuir les ondes électromagnétiques et les produits chimiques

“Nous ne supportons pas les émanations de produits chimiques et l’émission d’ondes électromagnétiques provenant des réseaux sans fil”, indique M. Schifferle. À 59 ans, cet homme à l’initiative du projet se dit hyper allergique et électrosensible depuis l’enfance. Il a été contraint de vivre de longues périodes en forêt et reclus dans une roulotte aux parois recouvertes de papier d’aluminium, censé bloquer les ondes. Cela peut faire penser au long métrage de John Carpenter en 1989, “Invasion Los Angeles”, où l’on donne au personnage principal une casquette dont les parois sont en cuivre afin de bloquer les voix qui pénètrent son esprit.

Rien de fictionnel ici puisqu’il s’agit d’Hypersensibilité Chimique Multiple (MCS), une maladie qui touche à titre d’indication entre 1 et 2 % de la population française. Elle se traduit par des migraines, une fatigue chronique, des difficultés à se concentrer, des problèmes respiratoires, de dépression, ou encore des intolérances alimentaires.

“Aujourd’hui, cet immeuble symbolise notre sortie de l’invisibilité”, explique M. Schifferle.

La composition et le cadre

Les matériaux de construction jouent un rôle dans « l’isolation » de l’immeuble, mais aussi son cadre. Les armatures métalliques utilisées habituellement ont fait place à des barres en fibre de verre tandis que les murs des parties communes sont recouverts de chaux. Béton brut pour les plafonds et pierre pour les sols.

Aucune fumée ni tabac toléré et présence de purificateurs d’air ainsi que d’une gamme de produits d’entretien « acceptables ». Le cadre offert par la forêt d’Entlisberg, présente sur la montagne avoisinante offre une ombre bénéfique face à l’exposition au soleil et une qualité d’air optimale. Enfin, pas d’antennes relais (évidemment !), ainsi les locataires se servent d’un téléphone fixe et d’un ordinateur relié par câble Ethernet afin de communiquer avec le monde extérieur.

Les ondes nous mineraient-elles ?

« On m’a diagnostiqué des désordres anxieux, mais je crois que ce n’est pas la cause, mais une conséquence de ma fragilité », explique Marc (pseudonyme), 32 ans qui a stoppé ses études à 22 ans. Il n’a jamais pu conserver un travail plus de quelques mois. Il a ainsi finalement pu comprendre qu’il se sentait mieux sans contact avec les ondes électromagnétiques, ce qui lui a fait rechercher puis dénicher l’existence du projet de l’immeuble de Leimbach et d’ y envoyer sa candidature.

Une étude d’évaluation menée par l’université de Berne déterminera si l’immeuble obtient de bons résultats. D’autres sites sont étudiés pour des projets similaires, notamment en France. Doit-on, quant à la présence importante des antennes relais en Europe, traiter le problème des ondes électromagnétiques tel un problème de santé publique ? Les états devraient peut-être informer la population et trouver des solutions plus rapides aux personnes les plus sensibles au phénomène, dans un premier temps.

Sources : Le MondeWe Demain