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Dans quel état les drapeaux américains plantés sur la lune il y a 45 ans sont-ils ?

Crédits Nasa

La sonde américaine Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) photographiait en 2012 l’ombre des drapeaux américains sur les sites d’Apollo 12, Apollo 16 et Apollo 17, preuve qu’ils sont toujours dans l’état où les ont laissés les astronautes il y a quarante ans. Mais sont-ils vraiment intacts ? Non, ils sont probablement tout blancs.

La NASA publiait en 2012 les images de certains sites d’atterrissage d’Apollo prises sous un éclairage révélant l’ombre des drapeaux plantés à côté du Lem (Lunar Excursion Module). Mark Robinson, le responsable principal de la caméra de LRO, avait alors été le premier surpris de constater que ces drapeaux avaient résisté au rayonnement solaire ultraviolet qui frappe la surface de la Lune ainsi qu’aux très fortes amplitudes thermiques (de +130 °C à -150 °C). En effet, cinq des six drapeaux laissés plantés par les Américains sont toujours là (le dernier avait été soufflé par le gaz d’échappement du Lem lors de son départ). Mais pour le scientifique lunaire Paul Spudis, les bannières étoilées ne sont plus. Les drapeaux américains sont aujourd’hui tout blancs.

Ils ont en effet été exposés quarante années durant à la fureur de l’environnement lunaire, alternant 14 jours de la lumière du soleil et de chaleur torride de plus 100 °C, avec 14 jours d’obscurité et de fraîcheur intense à -150 °C, sans parler du rayonnement ultraviolet (UV) qui n’est pas filtré sur la Lune. « Même sur Terre les drapeaux auraient perdu de leurs couleurs en étant exposés à la lumière. Sur la Lune, c’est encore pire », explique le chercheur. « Ils sont aujourd’hui tout blancs, et certains d’entre eux ont même surement commencé à se désintégrer physiquement ».

Le drapeau et son ombre sur le site d’Apollo 16, la mission qui posa sur la Lune les astronautes John Young et Charles Duke au mois d’avril 1972. Crédit : NASA, GSFC, Arizona State University

Comment en avoir le cœur net ? Il y aura plusieurs pistes : la Russie devrait normalement proposer des vols touristiques vers la Lune dès 2021 et le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, qui est aussi propriétaire de la compagnie de fusée Blue Origin, se dit lui « impatient de coloniser la Lune ». Nous pourrions également compter sur le projet Google Lunar X Prize, une compétition internationale organisée par la Fondation X Prize et parrainée par Google, dont le but est d’envoyer un robot sur la Lune chargé de parcourir au moins 500 mètres et de transmettre des images en haute définition vers la Terre. Nous pourrions alors voir ce à quoi ressemblent ces drapeaux après avoir passé plus de 45 ans sous le soleil.

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