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Quand les subventions participent à la destruction de la planète

déforestation
Crédits : crustmania / Flickr

Il y a peu, une association a publié un rapport stipulant que chaque année, pas moins de 1 800 milliards de dollars de subventions publiques contribuent à la destruction d’écosystèmes et à l’extinction d’espèces vivantes. Pour les responsables de cette étude, les gouvernements devraient mieux diriger leurs soutiens financiers.

2 % du PIB mondial

La B Team est une organisation fondée par Richard Branson, PDG du groupe Virgin, et des dirigeants d’entreprises et de fondations internationales. Business for Nature est une coalition mondiale d’entreprises et d’ONG. Ces deux entités ont soutenu une étude parue le 17 février 2022, menée par l’association Earth Track. Selon ce rapport, des subventions publiques annuelles se chiffrent à 1 800 milliards de dollars (soit 2 % du PIB mondial) et continueraient à la destruction de notre planète.

Plus de 80 % de ces subventions sont en effet perçues par trois grands secteurs : les énergies fossiles, l’agriculture et l’eau. Les auteurs du rapport ainsi que leurs soutiens estiment ainsi que les gouvernements devraient réorienter, reconvertir, voire stopper ces aides à l’horizon 2030.

« De nombreuses subventions nuisibles à l’environnement sont aujourd’hui profondément ancrées dans des industries, à tel point que les tentatives pour les définir, les mesurer et les suivre sont difficiles. Cela est dû non seulement au pouvoir des intérêts acquis, mais aussi au fait que les gouvernements et les bénéficiaires ne sont pas conscients de toute l’ampleur des subventions et de leurs impacts », peut-on lire dans le rapport.

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Crédits : Earth Track

Vers un meilleur ciblage de ces aides?

Le document montre que 640 milliards de dollars par an concernent le seul secteur des énergies fossiles. Or, les actions menées avec ces financements impactent l’eau et l’air (pollution) et facilitent également les affaissements de terrain. Le secteur de l’agriculture perçoit environ 520 milliards de dollars par an pour des projets en lien avec la pollution de l’eau, la déforestation ou encore l’érosion des sols. Évoquons également un total de 155 milliards de dollars pour des actions encourageant une gestion non durable des forêts.

« La nature décline à une vitesse alarmante et nous n’avons jamais vécu sur une planète avec aussi peu de biodiversité », déplore Christiana Figueres qui fait partie du groupe de travail sur le climat de la B Team.

Toutefois, le rapport explique aussi qu’un ciblage plus approprié de ces aides pourrait inverser ces dérives en moins d’une décennie. Une telle réforme (proposée quelques semaines avant la tenue d’une convention de l’ONU sur la biodiversité à Genève, du 13 au 19 mars 2022) n’impacterait pas les bénéfices des sociétés recevant les subventions et satisferait ainsi toutes les parties. Rappelons tout de même que pas moins de la moitié du PIB mondial entretient une dépendance vis-à-vis de la nature à différents niveaux.