Des structures inattendues découvertes au-dessus de la grande tache rouge de Jupiter

JUICE Jupiter
Jupiter et sa plus grande lune, Ganymède. Crédits : ManuelMata

Jupiter, la géante gazeuse fascinante de notre système solaire, n’en finit pas de dévoiler ses secrets. Longtemps considérée comme une planète dont la haute atmosphère était relativement paisible, elle se révèle aujourd’hui être le théâtre d’une activité intrigante et dynamique. Grâce aux observations récentes effectuées par le télescope spatial James Webb (JWST), les astronomes ont découvert des structures complexes et des phénomènes inattendus au-dessus de cette planète mythique.

D’étranges motifs dans l’atmosphère de Jupiter

La haute atmosphère de Jupiter a longtemps été largement négligée dans les recherches, alors qu’elle recèle une variété et une richesse insoupçonnées. Contrairement aux prévisions antérieures, qui la décrivaient comme uniforme et peu remarquable au-delà des aurores polaires, les observations récentes ont en effet révélé des phénomènes étonnants. L’une des découvertes les plus marquantes a été faite au-dessus de la célèbre Grande Tache Rouge, une tempête gigantesque qui dépasse la taille de la Terre.

Plus précisément, des images capturées par le télescope James Webb il y a plusieurs semaines ont révélé des arcs sombres et des points lumineux, visibles principalement dans l’infrarouge, au-dessus de cette méga-tempête jovienne. Ces structures ne sont pas simplement dues à la lumière solaire, mais trouvent leur origine dans les couches profondes et turbulentes de l’atmosphère de Jupiter.

Les scientifiques avancent que ces schémas pourraient résulter de l’activité d’ondes atmosphériques sur la planète, un phénomène occasionnellement observé sur Terre.

Henrik Melin, de l’Université de Leicester, explique :

« Une façon de perturber cette structure est l’utilisation d’ondes gravitationnelles, similaires aux vagues qui déferlent sur une plage, créant des ondulations dans le sable. Ces ondes naissent dans les profondeurs tumultueuses de la basse atmosphère, tout autour de la Grande Tache Rouge, et peuvent se propager vers le haut, altérant ainsi la structure et les émissions de la haute atmosphère« .

grande tache rouge de Jupiter
Une image infrarouge de l’ensemble de Jupiter et une version zoomée sur la Grande Tache Rouge. Crédits : ESA/Webb, NASA et CSA, équipe Jupiter ERS, J. Schmidt, H. Melin, M. Zamani (ESA/Webb)

Implications et futur de la recherche

Cette découverte révolutionne notre compréhension de Jupiter en tant que système planétaire dynamique. Les ondes de gravité observées, bien que présentes également sur Terre, se manifestent ici de manière beaucoup plus intense et visible, influençant directement la haute atmosphère de la planète.

Ces résultats ouvrent donc de nouvelles voies de recherche pour comprendre non seulement la dynamique atmosphérique de Jupiter, mais aussi pour explorer les interactions entre les couches profondes et superficielles de sa composition complexe.

Plus généralement, ces observations sont un pas en avant significatif dans l’étude des planètes géantes et de leurs atmosphères turbulentes.

Les prochaines étapes incluent une analyse approfondie des données collectées par le télescope James Webb, ainsi que la préparation pour les futures missions comme JUICE de l’Agence spatiale européenne. Cette mission explorera Jupiter et ses lunes glacées, offrant de nouvelles opportunités d’observation et de compréhension des phénomènes atmosphériques complexes de cette planète mystérieuse.

Les détails de l’étude sont publiés dans Nature Astronomy.