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Crash du Starship : ce que tente SpaceX est incroyablement difficile

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Crédits : SpaceX

Alors que le vol d’essai du Starship SN8 est encore frais dans les mémoires, son successeur, le SN9, s’est envolé ce mardi avant de rater lui aussi l’atterrissage. Mais qu’on se le dise : ce que tente SpaceX est inédit et incroyablement difficile. 

Le prototype SN9 de Starship de SpaceX s’est envolé avec succès ce mardi 2 février au-dessus du sud du Texas. Après avoir atteint une altitude de dix kilomètres, le vaisseau a ensuite entamé sa descente le « ventre en avant » de manière à pouvoir purger sa vitesse. Il s’est ensuite appuyé sur ses propulseurs de contrôle de réaction de manière à se replacer en position verticale pour se préparer à l’atterrissage, une nouvelle fois loupé.

Sept semaines se sont écoulées depuis que le vol de son prédécesseur, le SN8. Malgré tout, le SN9 a connu un sort similaire. Il est apparu que l’un des deux moteurs Raptor destinés à permettre la descente finale contrôlée n’a pas réussi à se rallumer (voir une superbe vue au ralenti). En conséquence, le véhicule n’a pas pu se réorienter en position verticale. Mais peut-on réellement appeler ça un échec ? Absolument pas.

« L’une des plus grandes percées de l’histoire de l’humanité »

Il est en effet nécessaire de prendre du recul pour bien comprendre ce que SpaceX essaie de faire avec son Starship : du jamais vu.

Avec son programme Falcon 9, SpaceX a démontré sa capacité à lancer et à faire atterrir une fusée, certes, mais le Starship est autre chose. C’est un vaisseau orbital, non un lanceur. Le Starship n’aura pas « simplement » besoin d’allumer ses moteurs pendant huit minutes, puis de retomber dans l’océan. Il devra être capable de relancer plusieurs fois ses moteurs, de survivre pendant des semaines, voire des mois dans l’espace, mais aussi de rentrer dans l’atmosphère terrestre avec des effets minimes pour assurer une réutilisation rapide.

Comme l’a dit il y a quelques mois Elon Musk a ses équipes lors s’une réunion à laquelle avait pu assister le journaliste Eric Berger, de Ars Technica : « Il est stupidement difficile de développer un système orbital entièrement réutilisable. Ce serait l’une des plus grandes percées de l’histoire de l’humanité ».

Il est donc essentiel de comprendre que ce que demande Musk à ses ingénieurs est sacrément dur, mais qu’ils n’ont d’autre choix que de relever ce défi.

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Crédits : SpaceX

SpaceX se donne les moyens de réussir avec son usine de Boca Chica, dans le sud du Texas. La société peut désormais construire et lancer ces vaisseaux en acier inoxydable à un rythme effréné, permettant à Musk de considérer davantage l’échec comme une option. Cela ne veut pas dire que les équipes de SpaceX sont « ravies » de ces deux derniers crashs, naturellement. En revanche, cette usine et ce programme de conception itérative – chaque nouveau véhicule améliore son modèle précédent – permettent de passer plus facilement et rapidement aux tests suivants.

Aussi ce dernier essai du SN9, une nouvelle fois spectaculaire, permettra aux ingénieurs de recueillir un maximum de données pour entamer la campagne de tests suivants, avec le SN10 déjà positionné sur son pad.

Alors oui, SpaceX a encore beaucoup de chemin à faire avant que le Starship ne soit complètement opérationnel, mais n’oublions pas que la société et ses ingénieurs sont en train de marquer une fois de plus l’histoire de l’aérospatial.