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Le Starship se pose avec succès et marque l’histoire

Crédits : SpaceX

Le prototype de Starship SN15 de SpaceX s’est élancé avec succès dans la nuit de mercredi à jeudi depuis le Texas, avant de réussir son atterrissage. Une grande première pour la société et son futur vaisseau interplanétaire.

Atterrissage réussi !

On l’attendait. Le Starship SN15, le plus récent véhicule de SpaceX, devait s’illustrer depuis quelques jours déjà. Après plusieurs reports, son lancement a finalement eu lieu cette nuit, peu après minuit en France, malgré les conditions nuageuses. Le vaisseau a suivi le script habituel : il a décollé, s’est élevé à une dizaine de kilomètres d’altitude, puis a entamé sa descente. Le Starship s’est ensuite posé avec succès environ six minutes après son lancement après s’être remis à la verticale plus tôt que lors des précédentes tentatives, selon les témoins au sol.

On notera quand même un début d’incendie déclaré sous le vaisseau quelques secondes après son toucher, mais celui-ci a rapidement été maîtrisé par les lances à eau.

C’est donc la première fois que SpaceX réussi l’exploit de récupérer sans dommage l’un de ces prototypes Starship.

En effet, le premier prototype à s’illustrer, le SN8, avait été lancé avec succès le 9 décembre dernier mais s’est écrasé lors de l’atterrissage. Chacun des trois autres vols Starship (SN9, SN10 et SN11), avait ensuite essuyé des destins similaires. Le lancement du SN10 avait tout de même réussi à atterrir, mais avait ensuite malheureusement explosé quelques minutes après son toucher. Pour rappel, aucun de ces vols ne visait l’espace, mais une altitude de dix kilomètres.

Une réutilisation rapide est “la porte d’entrée vers les cieux”

Le SN15, de son côté, avait été grandement amélioré par les ingénieurs de SpaceX, bien appuyés par les données recueillies lors des tests précédents. La structure, les moteurs, l’avionique et les logiciels ont tous été retouchés de manière à mieux contrôler la phase de vol et d’atterrissage. Ces travaux, on vient de le voir, ont payé leurs fruits.

Évidemment, ce n’est pas une mince affaire, et il reste encore du travail. “C’est un véhicule difficile à construire parce que nous essayons de casser cet écrou d’une fusée entièrement et rapidement réutilisable“, a récemment indiqué Musk en conférence de presse, soulignant l’importance d’une telle réutilisabilité pour réduire les coûts de lancement et augmenter les taux de vol. “Si vous avez une réutilisation rapide, alors c’est la porte d’entrée vers les cieux. C’est ce que nous essayons de faire“.

On attend désormais la suite, qui pourrait arriver rapidement. La semaine dernière, la Federal Aviation Administration (FAA) a en effet non seulement autorisé le lancement du SN15, mais également des véhicules SN16 et SN17 prévus dans les semaines à venir. Ces derniers pourraient viser des altitudes supérieures pouvant atteindre les vingt kilomètres. Elon Musk avait également laissé entendre qu’un premier vol orbital pourrait avoir lieu avant la fin de l’année.

Cette nouvelle étape historique intervient à un moment important pour l’entreprise. Pour rappel, la NASA a récemment tout jeté son dévolu sur SpaceX comme son unique fournisseur pour ses futurs atterrisseurs lunaires. Un accord qui, visiblement, a beaucoup de mal à passer auprès de son concurrent, Blue Origin.

Le montant du contrat qui relie l’agence à la société s’élève à 2,89 milliards de dollars. Cet accord inclue les coûts de développement de la “version lunaire” du Starship, un test de démonstration sans équipage, et un atterrissage en équipage dès 2024.

Autrement dit, lorsque les astronautes du programme Artemis reviendront sur la Lune dès 2024, ils le feront à l’intérieur d’un vaisseau de cinquante mètres de haut. Une vision qui tranche avec le module lunaire de sept mètres de haut à l’intérieur duquel Armstrong et Aldrin s’étaient installés pour fouler le sol lunaire en 1969.

À terme, ce vaisseau permettra à la NASA de s’installer durablement sur la Lune, tandis que SpaceX continuera de progresser vers son principal objectif : la planète Mars.