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SRAS-CoV-2 : voici à quoi ressemble une “excrétion virale” vue au microscope

Crédits : Rocky Mountain Laboratories

Une image incroyable partagée par un laboratoire américain nous dévoile un instantané du processus au cours duquel les particules virales du SRAS-CoV-2 se libèrent d’une cellule mourante.

Après avoir intégré notre organisme, les particules virales du SRAS-CoV-2 n’ont qu’un seul objectif : se fixer sur les cellules des voies respiratoires. Une fois celles-ci accrochées à leur hôte, les deux membranes lipidiques, celle de l’agresseur et celle de la victime, fusionnent alors, permettant au coronavirus de libérer son matériel génétique à l’intérieur.

Des “copies” de l’agent pathogène sont ensuite formées. Une fois qu’ils sont assez nombreux, tous ces petits “clones” s’extraient alors de la cellule mourante, pour ensuite se fixer à un nouvel hôte.

Grossièrement donc, les virus détournent les cellules, les convertissent en usines qui produisent plus de virus, puis les abandonnent lorsqu’elles deviennent mourantes et inutiles.

L’excrétion virale vue au microscope

Cette image incroyable, capturée au microscope électronique à balayage (SEM) par Elizabeth Fischer, chef du Rocky Mountain Lab (Montana), nous dévoile un véritable instantané de cette “excrétion virale”, le processus au cours duquel les particules virales s’extraient de la cellule mourante.

L’image originale en noir et blanc (gauche), et sa version en couleurs (droite). Les particules virales sont représentées en bleu. Crédits : Rocky Mountain Laboratories

Sur ce cliché, “les plis et les saillies brun orangé font partie de la surface d’une seule cellule infectée par le SRAS-CoV-2, écrit la chercheuse. Cette cellule particulière provient d’une lignée cellulaire épithéliale rénale de primate couramment étudiée. Les petites sphères bleues émergeant de la surface cellulaire sont des particules de SARS-CoV-2“.

Cette image nous montre à quel point le SARS-CoV-2 peut être d’une efficacité redoutable pour se multiplier à l’intérieur de son hôte. Comme nous pouvons le constater ci-dessus, une seule cellule infectée est capable de libérer des milliers de nouvelles particules virales qui, à leur tour, iront infecter d’autres cellules.

Contaminer d’autres sujets

L’excrétion de virus hors de l’organisme infecté constitue ensuite l’étape suivante, avec un objectif clair : la contamination d’autres sujets. De manière générale, les virus peuvent emprunter différentes voies d’extraction, mais concernant le SRARS-CoV-2, la voie privilégiée reste principalement celle de l’arbre respiratoire (tousser, éternuer).

Notons enfin que le Covid-19 a un taux de reproduction de base (R0) estimé à entre 2,2 et 3,9. Autrement dit, une personne touchée par le virus pourra en moyenne infecter trois personnes. Chacune de ces personnes en contamineront alors trois autres, qui en contamineront elles-mêmes trois autres, etc. C’est pourquoi, en plus d’avoir une “affinité” particulière avec les récepteurs de nos cellules, le SRARS-CoV-2 se déploie et se propage aussi rapidement.

À titre de comparaison, la grippe a taux de reproduction de base compris entre 0,9 et 2,1, tandis que la rougeole a un R0 estimé entre 12 et 18 (c’est pour cette raison que cette maladie est aussi contagieuse).

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