Un squelette vieux de 2 700 ans extrêmement bien conservé découvert en Turquie

squelette 2700 ans
Vue aérienne du squelette. Crédits : Mehmet Işıklı

En Turquie, une équipe d’archéologues annonce avoir mis au jour le squelette d’un individu probablement mort il y a environ 2 700 ans dans les décombres d’un tremblement de terre. Que sait-on de cet individu ?

Le royaume d’Urartu

Le squelette a été découvert dans une ancienne forteresse à Ayanis, un centre ourartien de la province turque de Van.

Plus globalement, le royaume d’Urartu était un ancien État situé dans la région qui correspond actuellement en grande partie à l’Arménie, ainsi qu’à des parties de l’est de la Turquie et de l’Iran occidental. Il émergea à partir de divers groupes ethniques et tribus de la région montagneuse du Caucase et de l’Anatolie orientale, puis prospéra pendant l’âge du fer, notamment entre les 9 et 11 siècles avant notre ère.

Ce royaume était réputé pour son architecture et tout particulièrement pour ses forteresses en pierre construites en haute montagne. Ces dernières servaient de points de contrôle militaires et commerciaux importants.

Par ailleurs, selon certaines théories, la chute de la cité d’Ayanis, située dans cette région historique, a été provoquée par un tremblement de terre suivi d’un incendie. Cette hypothèse est basée sur quelques preuves archéologiques, dont des dommages sismiques, y compris des fissures et des effondrements, dans les ruines de la cité. Des inscriptions et des tablettes cunéiformes trouvées dans la région mentionnent également des événements de destruction, ce qui suggère que la cité a peut-être été victime de catastrophes naturelles.

Pour les archéologues du département d’archéologie de l’université Atatürk, qui gèrent les fouilles, la découverte de ce squelette apporte une preuve supplémentaire à l’hypothèse du tremblement de terre.

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Les ruines de l’ancienne forteresse où le squelette a été retrouvé. Crédits : Mehmet Işıklı

Une vie dans l’opulence ?

Une analyse anthropologique sera bientôt menée sur ce squelette jugé « extrêmement bien conservé » pour déterminer l’âge et le sexe de l’individu. Les chercheurs espèrent également pouvoir isoler des traces chimiques résiduelles du cerveau dans le crâne. Cependant, l’environnement sec de la région empêche souvent la préservation de tels tissus mous dans le temps.

Une tablette cunéiforme inscrite recto verso, trouvée avec le squelette, sera traduite et publiée prochainement. En fonction du contenu de l’inscription, il pourrait être possible de déterminer le rôle et la classe de cet individu dans la société ourartienne, ainsi que de donner un contexte précieux aux activités sociales ou politiques à Ayanis. Sa sépulture nous donne déjà quelques indices. Des bijoux, des armes et autres objets trouvés à côté de son corps laissent en effet penser que cet individu a sans aucun doute vécu une vie particulièrement aisée pour son époque.