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Un spray nasal pour lutter contre l’addiction au jeu ?

Crédits : iStock

Des chercheurs finlandais ont récemment annoncé la conduite d’une étude afin de tester l’efficacité d’un spray nasal, dont la mission serait de faire passer l’envie aux joueurs compulsifs de succomber à leur addiction.

Le spray en question existe déjà : il s’agit d’un spray à la naloxone, autorisé sur le marché français depuis juillet 2017 après avoir été distribué sous restriction pendant une année. Celui-ci est utilisé dans le soin d’urgence des overdoses aux opiacées (héroïne, morphine ou opium) et est capable de bloquer leurs effets en en prenant leur place dans l’organisme sur les récepteurs concernés.

Si ce médicament a été élaboré sous forme de spray nasal, c’est parce que le nez est une zone fortement vascularisée favorisant une action rapide du produit injecté. Le but est de sauver la vie des personnes concernées par l’overdose sans avoir recours à des méthodes plus lourdes. Or ce même spray nasal fera bientôt l’objet d’une étude menée par des chercheurs finlandais, comme l’indique une publication dans la revue Dialogues in clinical neuroscience de septembre 2017.

Ces recherches porteront sur le traitement de l’addiction au jeu. Selon les chercheurs, ce trouble dépendrait de neurotransmetteurs spécifiques produits par l’activation des récepteurs aux opioïdes, c’est-à-dire de la même façon que l’addiction à ce genre de drogues. Parmi ces neurotransmetteurs se trouvent la dopamine liée à la récompense, la sérotonine contrôlant les impulsions, la norépinéphrine (excitation) ou encore les opioïdes endogènes tels que l’endorphine en lien avec les envies et la motivation.

Selon la publication des chercheurs, l’étude visera à vérifier que le blocage des récepteurs opioïdes peut agir sur l’addiction au jeu :

« Jouer répond à un comportement très impulsif (…). Le besoin de jouer est immédiat, c’est pour cette raison que nous cherchons un médicament à effet rapide (…). Le spray nasal agit en quelques minutes », a expliqué Hannu Alho, professeur de toxicologie à l’Institut national de la santé et du bien-être de Helsinki.

En définitive, il est question de tester le spray nasal de naloxone sur 130 volontaires accros au jeu durant trois mois, dont la moitié recevrons un spray placebo. Par le passé, ces mêmes scientifiques avaient tenté de mener une expérience similaire avec des gélules composées d’une substance similaire au naloxone, sans succès. En effet, les effets du médicament apparaissaient seulement une heure après la prise.

Sources : Sciences et AvenirLe Vif