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Japon : un nouveau spray nasal pour lutter contre la dépression

Crédits : Evgenyi_Eg / iStock

Récemment, des chercheurs nippons ont mis au point un traitement non invasif pour traiter les effets physiologiques de la dépression. Le spray nasal en soi n’est pas une nouveauté, mais celui-ci représente tout de même une véritable innovation.

Une méthode non invasive

En médecine, les sprays nasaux sont assez présents et la recherche continue. En 2020, des chercheurs américains ont créé un vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-2 sous forme de spray nasal. Par ailleurs, en 2018, d’autres scientifiques avaient présenté un spray nasal pour lutter contre l’addiction au jeu. Désormais, il est question d’un spray pour lutter contre la dépression, comme l’indique une publication dans le Journal of Controlled Release en juillet 2021. Les chercheurs de l’Université des Sciences de Tokyo (Japon) indiquent en effet que leur spray est capable de traiter la dépression en une vingtaine de minutes seulement.

Rappelons qu’actuellement, la médecine a recours à des injections intracérébroventriculaires (ICV) très invasives, et donc non sans risque, car les médecins ne parvenaient jusqu’alors pas à acheminer les molécules directement vers le cerveau. Néanmoins, le spray des chercheurs japonais en serait capable.

spray nasal
Crédits : batuhan toker / iStock

Une amélioration des signes physiologiques

Les précédentes recherches sur le sujet ont tenté de transférer les molécules via l’épithélium olfactif, un tissu essentiel pour l’odorat. Néanmoins, ce tissu représente seulement 2 % de la muqueuse nasale. Ainsi, les chercheurs nippons ont ciblé leurs travaux sur l’épithélium respiratoire qui représente le reste de la muqueuse nasale. Ils savaient également que le peptide GLP-2 endossait un rôle de messager entre les tissus et ont donc focalisé leur attention sur ce dernier. Durant l’expérience, l’objectif était d’éviter la dégradation du GLP-2 afin de lui permettre de passer dans l’épithélium respiratoire sans encombre et finalement atteindre le cerveau.

Des souris ont été utilisées durant l’expérience, car ces dernières peuvent présenter des troubles dépressifs assez similaires à ceux des humains. Or, les résultats ont été très encourageants. Après la pulvérisation, une amélioration des signes physiologiques de la dépression est survenue seulement après une vingtaine de minutes. En revanche, il est uniquement question d’une amélioration comportementale, et non d’une amélioration de l’état psychologique ou mental.

Les chercheurs estiment que cette expérience peut ouvrir les portes à de nouvelles pistes de traitement pour la dépression. Il serait également possible que des sprays voient le jour pour combattre d’autres maladies comme Alzheimer. Enfin, rappelons qu’en 2019, la FDA aux États-Unis était sur le point d’autoriser le développement d’un spray nasal à base d’eskétamine pour lutter contre la dépression.