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Une spirale de la mort stellaire observée à 290 millions d’années-lumère

Crédits : Capture vidéo Youtube Nasa

Lorsqu’une étoile s’aventure un peu trop près d’un trou noir supermassif, les forces de marées générées amènent inévitablement l’intrus à se déchirer avant d’être tiré dans le vide. Ce phénomène brutal est ce qu’on appelle un événement de perturbation de marée. Et nous avons maintenant une meilleure idée de ce à quoi une spirale de la mort stellaire pourrait ressembler.

En 2014, des astronomes du MIT détectaient des signes d’un cas de perturbation de marée dans une galaxie lointaine appelée PGC 043234. Les données récoltées révélaient alors une étoile semblable à notre soleil consommée par un trou noir supermassif posté au centre de la galaxie, située à 290 millions d’années-lumière. Cet événement est aujourd’hui connu sous le nom ASASSN-14li. Mais en repassant au crible les données enregistrées par le satellite Swift de la NASA, les chercheurs ont remarqué quelque chose d’inhabituel : des changements de luminosité dans les rayons X produits environ un mois après que des changements similaires aient été observés dans le spectre visible et dans le rayonnement ultraviolet (UV).

Comment expliquer ce décalage ? Selon l’équipe de chercheurs, ces émissions de lumière proviennent en fait de deux sources distinctes. Dans leur hypothèse, une fois l’étoile passée trop près du trou noir au centre de PGC 043234, celle-ci aurait laissé une petite partie de son matériel dans le disque d’accrétion avant que celui-ci ne tombe dans le vide. Mais le flux de débris aurait finalement continué sa route en suivant un arc elliptique avant d’être tiré vers l’intérieur à nouveau. À un moment donné, deux courants de matière sont inévitablement et violemment entrés en collision. D’où les différences observées dans le spectre électromagnétique. La vidéo ci-dessous nous démontre assez clairement le phénomène :

Ainsi nous aurions eu d’un côté une lumière visible et un rayonnement ultraviolet à l’endroit même où les deux courants de matières se sont rencontrés. Puis, environ un mois après ces collisions, le flux de débris s’est de nouveau retrouvé à proximité du trou noir avant d’être englouti, ce qui explique pourquoi les lectures de rayons X ne sont apparues que plus tard (ici, un mois plus tard).

Selon l’équipe, le processus de consommation d’étoile décalée pourrait joliment être comparé à un cas d’indigestion cosmique : les trous noirs sont en effet si voraces qu’ils ont parfois de la difficulté à terminer leur repas en une seule fois, ceux-ci ayant la fâcheuse habitude de manger trop vite, surtout après une longue période de diète.

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