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SpinLaunch : la fronde géante réussit un nouveau test

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Crédits : SpinLaunch

SpinLaunch est une entreprise qui cherche à expédier des charges utiles dans l’espace par le biais d’une fronde géante. Cette technique pourrait permettre de baisser drastiquement les coûts des lancements spatiaux. La société vient d’effectuer un nouveau test réussi (et toujours aussi impressionnant) dans le désert du Nouveau-Mexique pour le compte de la NASA.

Il y a quelques mois, nous évoquions la société Green Launch qui propose de livrer des charges utiles dans l’espace au moyen d’un énorme canon à gaz. Ce type d’approche pourrait permettre d’économiser du carburant par rapport aux lancements classiques, et donc d’en réduire le prix. Fondée en 2014, SpinLaunch vise le même objectif, mais avec une méthode bien à elle : celle de la fronde géante.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Tout d’abord, une petite fusée contenant une charge utile est attachée à l’extrémité d’un grand bras en fibre de carbone, lui-même placé à l’intérieur d’une grande chambre à vide circulaire. Le bras se met à tourner de plus en plus vite, atteignant une vitesse de plus de 8 000 km/h. La charge est ensuite libérée du bras rotatif par un tube de sortie vertical. Elle traverse alors l’épaisse basse atmosphère de la Terre pour finalement atteindre la stratosphère. À ce stade, un moteur de fusée se déclenche pour permettre l’insertion du satellite en orbite.

Selon SpinLaunch, cette méthode de lancement pourrait éliminer plus de 70 % du carburant et des structures nécessaires à une fusée conventionnelle. De cette manière, cette entreprise entend ainsi abaisser ces coûts de plusieurs dizaines de millions de dollars à moins de 500 000 dollars.

Un nouveau test pour la NASA

Nous savons que la NASA est intéressée par le concept. L’agence américaine avait en effet déjà signé un contrat visant à tester cette approche. Ce test vient d’avoir lieu dans le désert du Nouveau-Mexique (vidéo ci-dessous). Il s’agissait du dixième essai au total pour la société. Son objectif principal était de voir si l’équipement scientifique sensible à bord de la petite fusée pouvait survivre à l’intense force G de l’accélérateur suborbital.

Cette charge utile de la NASA comprenait une unité d’acquisition de données (DAQ) équipée d’un ensemble de capteurs comprenant deux accéléromètres, un gyroscope, un magnétomètre et des capteurs de pression, de température et d’humidité. Une fois parvenue à l’altitude souhaitée, la petite fusée a déployé un parachute avant de revenir se poser en douceur à proximité du site. La société n’a publié aucune information sur l’altitude de ce dernier essai, mais les lancements précédents ont vu des objets atteindre des hauteurs de plus de 7,5 km.

Cela étant, le DAQ a ensuite été récupéré. A priori, l’équipement a résisté. Les chercheurs vont maintenant passer au crible les données obtenues. « Les données et les informations recueillies lors des tests en vol seront inestimables à la fois pour SpinLaunch, alors que nous poursuivons le développement du système de lancement orbital, et pour nos clients qui se tournent vers nous pour leur fournir un accès durable à faible coût et à cadence élevée dans l’espace« , a déclaré Jonathan Yaney, fondateur et PDG de SpinLaunch, dans un communiqué.

Notez que la NASA n’est pas la seule intéressée. Airbus, l’Université Cornell ou encore la société de livraison par satellite Outpost sont également sur le coup. D’autres tests seront donc proposés. Si tout se passe comme prévu, la SpinLaunch espère commencer à proposer des lancements orbitaux à ses clients d’ici 2025.