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SpaceX : de nouveaux satellites déployés avec succès pour le projet Starlink

Crédits ; iStock / Oleksandr Husiev

Voilà maintenant quelques mois que l’entreprise SpaceX concrétise le lancement de satellites en vue de mettre en place le projet Starlink. Si cette petite révolution dans le monde des télécommunications promet d’être historique au vu de son ampleur, il faut toutefois s’armer de patience avant de la voir finalisée, même si une nouvelle étape a été franchie la semaine dernière.

Le programme Starlink

Voilà environ 5 ans que le projet Starlink est officiellement dans les tiroirs des bureaux de SpaceX. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit là d’un travail de longue haleine. À la base, Elon Musk souhaitait pouvoir garantir un accès internet à un maximum de personnes dans le monde, et ce à moindre coût. Le but est en particulier de permettre aux populations qui habitent dans des milieux ruraux de bénéficier d’une offre internet tout aussi attractive que pour celles et ceux qui vivent dans les zones urbaines.

Pour rappel donc, le projet Starlink prévoit d’envoyer environ 12 000 satellites – plus précisément des microsatellites – dans les années 2020 en orbite basse pour assurer un accès internet sans précédent. À terme, ce sont pas moins de 42 000 satellites qui pourraient être envoyés au-dessus de nos têtes si les autorisations nécessaires sont accordées.

Selon Gwynne Shotwell, directrice générale de SpaceX, le déploiement des 12 000 premiers satellites devrait être finalisé d’ici la fin de la décennie. Depuis l’année 2019, le lancement de satellites opérationnels se poursuit. Ceux-ci, qui pèsent environ 250 kilos pour environ 1 mètre cube, sont placés à une centaine de kilomètres d’altitude grâce au lanceur Falcon 9, systématiquement utilisé pour ces opérations.

satellites Starlink
Crédits : Official SpaceX Photos / Flickr

Une nouvelle opération couronnée de succès

Le 13 juin dernier donc, une nouvelle opération de lancement a été effectuée – et couronnée de succès. Le lanceur Falcon 9 a été envoyé depuis la base spatiale de Cap Canaveral en Floride, sans qu’aucun problème ne soit rencontré. La nouveauté à signaler est qu’il s’agissait là d’un lancement groupé.

Voilà donc un pas de plus fait pour garantir une connexion internet par satellite à grande échelle. SpaceX a envoyé 58 satellites Starlink, aux côtés de 3 satellites SkySat pour l’entreprise américaine PlanetLabs. Ces derniers ont pour spécificité de fournir des images terrestres haute résolution. C’est sur une barge océanique autonome située au large de la Floride que le premier étage du Falcon 9 est venu atterrir après sa mission.

Cette première tentative réussie de “covoiturage de l’espace” est donc un succès sur tous les plans. Pour SpaceX, ce lancement amène à 538 le nombre de satellites opérationnels déjà placés en orbite. Concernant le prochain envoi prévu le 24 juin prochain, c’est la société Spaceflight Industries qui profitera de l’occasion pour lancer des satellites dans le cadre du programme d’imagerie spatiale Blacksky.

Les effets pervers de ce programme sans précédent

Avec une commercialisation prévue pour 2020 sur le papier, le projet Starlink est plus que jamais sur le point d’être concrétisé. Et mis à part quelques retards dans le calendrier, l’opération reste un succès qui promet de nombreuses avancées. Outre un accès facilité à Internet pour plus de personnes dans le monde, l’armée américaine place aussi des espoirs dans ces satellites.

Cela n’empêche toutefois pas quelques dissonances : tout le monde ne se réjouit pas de la mise en orbite de ces satellites. Bien qu’ils ne critiquent pas les motivations de Starlink, des astronomes et météorologues ne cachent pas leurs craintes face à ce dispositif.

La pollution lumineuse qui est générée gêne en effet le travail des astronomes lorsqu’ils souhaitent capturer une image d’un point précis dans le ciel nocturne. Lorsque l’on sait que tous les satellites prévus n’ont pas encore été déployés, c’est un problème de taille qui se profile sur le long terme.

En réaction, SpaceX fait tout pour minimiser l’impact de ces satellites, notamment avec le projet de  les rendre moins visibles grâce à des pare-soleils ou à une peinture sombre. Mais cela ne résoudra pas d’autres soucis potentiels : la présence en trop grand nombre de satellites en orbite basse. À l’heure actuelle, on dénombre environ 2000 satellites opérationnels… Sans compter les débris spatiaux.

De quoi se rendre compte de l’importance du projet Starlink d’une part, et du risque croissant de collision qu’il amène. Reste à voir si, au vu de ces paramètres, SpaceX obtiendra les autorisations nécessaires pour lancer toute sa flotte de satellites d’ici les années à venir.

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