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Le Sovaldi: le médicament miracle contre l’hépatite C à un prix inaccessible

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Crédits : Ajale / Pixabay

On compte aujourd’hui 15 millions de personnes dans le monde qui seraient malades de l’hépatite C dont 200 000 en France. Il existe enfin un médicament capable d’assurer une guérison dans 90% des cas, mais son prix exorbitant amenuise l’espoir qu’il représente.

Parmi les personnes infectées par l’hépatite C, 20 à 30% vont éliminer spontanément le virus tandis que les 70 à 80% restantes vont évoluer vers une forme chronique c’est-à-dire qui persiste au-delà de 6 mois. Pour ces dernières, le risque de cirrhose du foie est de 15 à 30% sur une durée de 20 ans.

Le Sovaldi, nouveau médicament contre l’hépatite C commercialisé par le laboratoire Gilead est une petite révolution : son traitement est court (12 semaines) , sans effets secondaires et avec une chance de guérison de 90%. Seulement voilà… le Sovaldi a un prix exorbitant : 56 000 euros pour 3 mois de traitement ce qui représenterait un coût d’un milliard par an pour l’assurance maladie.

Comment le laboratoire justifie t’il un tel prix ?

Le coût de production du Sovaldi est pourtant de 74 euros seulement pour 3 mois de traitement soit 756 fois moins élevé que son prix de vente. Son prix ne peut pas non plus être imputable au coût de la recherche puisque celle-ci a été en grande partie assurée par la recherche publique. Il semblerait donc que l’on soit ici face à un « hold up organisé» du labo selon les termes employés par le directeur de l’assurance maladie.

Un espoir de faire baisser son prix ?

Les pouvoirs publics espèrent faire baisser son prix et des « négociations très fermes sont en cours » assure Marisol Touraine, ministre de la Santé. Car le problème c’est qu’avec un tel tarif, le pays ne pourrait pas traiter la totalité des malades, mais s’en remettrait à la Haute Autorité de santé pour déterminer les patients à traiter en priorité. Les associations de malades de l’hépatite C craignent que la « sélection » des patients se fasse à terme sur des critères non médicaux.

En cas d’échec des négociations tarifaires, il existe encore la possibilité de faire appel au système des licences d’office. Instauré en 1992 il permet à l’État lorsque les laboratoires pratiquent des prix excessifs, d’exploiter le brevet en faisant produire des génériques et donc de proposer des médicaments à un prix raisonnable. Ce système de licence d’office n’a encore jamais été mis en œuvre.

Sources: lexpress.fr; 20minutes.fr