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Soulagez vos douleurs en passant 3 minutes dans une chambre à… -110°C !

Crédits : Capture vidéo / Youtube / Dubai Racing

« Soigner le mal par le mal », voilà un vieil adage qui pourrait parfaitement illustrer la cryothérapie corps entier (CCE). Il s’agit d’une méthode thérapeutique qui consiste à pénétrer en maillot de bain dans une salle réfrigérée à -110°C dans le but de soulager certaines douleurs ou maladies. Comment se déroule exactement une séance ? Est-ce réellement efficace ? L’AFP a décidé de mener l’enquête sur cette nouvelle thérapie pour tenter de répondre à ces interrogations.

La cryothérapie corps entier (CCE) est utilisée depuis quelques années par les sportifs de haut niveau pour faciliter leur récupération après l’effort, mais ce n’est que très récemment que des centres destinés au grand public ont été ouverts en France. Le principe est relativement simple : lutter contre certaines douleurs en plongeant le corps dans un environnement extrêmement froid (-110°C) durant une courte période (environ 2/3 minutes) afin de forcer l’organisme à sécréter des molécules anti-inflammatoires. « Le cerveau reçoit l’information selon laquelle le corps est en danger et se met à secréter des molécules anti-inflammatoires », explique Valérie Georges, gérante du centre Kemijoki de « cryothérapie et bien-être par le froid ». Mais qu’en est-il réellement ? Pour tenter d’en apprendre davantage sur cette pratique, un journaliste de l’AFP s’est justement rendu dans cet institut situé à Rennes.

Déroulement d’une séance

« Vous n’allez pas congeler, pas tomber dans les pommes », rassure Haidar Dittoo, l’ostéopathe rattaché au centre, avant d’expliquer que l’air « extrêmement sec » injecté à l’intérieur de la cabine évitera toute brûlure. Après un examen médical relativement succinct permettant d’écarter toute contre-indication, on doit ensuite se vêtir d’un maillot de bain, de chaussures en plastiques pour éviter de rester collé au sol par le froid, de gants, d’un bandeau sur les oreilles et d’un masque sur le nez. Puis, après avoir passé 15 secondes dans un sas « d’acclimatation » à -50°C, on pénètre dans la chambre à -110°C qui est surveillée par une opératrice qui se charge de diffuser la musique de notre choix tout en égrainant le temps passé au sein de la cabine.

«Une minute 45. On continue ? », demande l’opératrice au journaliste de l’AFP. Ce dernier répond par la négative à cette interrogation, décidant ainsi de mettre un terme à l’expérience. À la sortie de la chambre, la température cutanée au niveau de ses jambes était de 12°C, contre 32°C avant le début de la « thérapie ».

Si l’expérience a ainsi pu paraître relativement inconfortable, la gérante de l’établissement explique qu’il est nécessaire de pratiquer un certain nombre de séances afin d’habituer l’organisme. « Le stress disparaît en général à la troisième séance. A la dixième, ils sont accros », explique Valérie Georges à propos de ses clients qui doivent débourser 30€ pour chaque session.

Une efficacité actuellement non reconnue par la communauté scientifique

Alors que les gérants des six centres de CCE ouverts en France soutiennent que cette pratique est efficace dans le traitement des douleurs, voire de certaines maladies comme la sclérose en plaques, cette thérapie n’est néanmoins pas reconnue par le corps médical. En effet, même si certains patients et sportifs ont noté de nombreux bienfaits sur leur organisme, la littérature scientifique ne contient quant à elle aucune preuve de quelconques effets en dehors « de la perception d’une meilleure récupération » chez les athlètes, comme le souligne le Pr Jean-François Toussaint, directeur de l’Institut de recherche médicale et d’épidémiologie du sport (Irmes), rattaché à l’Insep.

Selon ce dernier, l’efficacité de cette technique reposerait majoritairement sur un ressenti subjectif des sportifs. « L’esprit humain adore l’idée de se mettre en danger et de se dire : ‘J’ai survécu' », explique-t-il. Par ailleurs, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a déclaré surveiller de près cette nouvelle pratique qui, malgré l’absence d’accident recensé, comporte tout de même selon elle « un risque du fait du froid extrême ».

Voici à quoi ressemble la cryothérapy :

Source: AFP