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Les sosies auraient également des ressemblances au niveau génétique

Crédits : Antonina Owen / iStock

Si les sosies se ressemblent fortement, ceux-ci ne partageraient pas seulement des caractéristiques physiques similaires. Selon une étude récente, cette ressemblance se retrouverait également sur le plan génétique.

Une utilisation de la reconnaissance faciale

Parfois, deux personnes se ressemblent comme deux gouttes d’eau, mais n’ont pourtant aucun lien de parenté. Or, notre apparence est à la fois le résultat de la génétique et de l’environnement des individus. Dans une étude publiée dans la revue Cell Reports le 23 août 2022, des chercheurs du Josep Carreras Leukaemia Research Institute (Espagne) se sont intéressés à la question suivante : à quel point deux sosies peuvent-ils se ressembler sur le plan génétique ?

Du fait de leur rareté, les sosies sont assez difficiles à trouver. Cependant, les scientifiques ont basé leurs travaux sur ceux du photographe canadien François Brunelle qui a dédié sa carrière à l’étude des sosies. Il a collecté de nombreuses photos en noir et blanc depuis 1999. Les personnes apparaissant sur ces images sont des sosies (par paire) ne se connaissant pas et n’ayant aucun lien de parenté. Or, 32 couples de sosies provenant des sources du photographe ont participé à l’étude.

En pratique, les photos ont fait l’objet d’une analyse par trois logiciels de reconnaissance faciale différents. Un questionnaire a également été soumis aux participants. Les logiciels en question ont analysé 27 caractéristiques chez les volontaires, dont l’écartement des yeux, la hauteur de la lèvre supérieure ou encore l’emplacement des sourcils. Sur les 32 couples de sosies, 16 ont été jugés très ressemblants par les trois logiciels.

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Crédits : Joshi et coll., 2022, Cell Reports 40, 111257 August 23, 2022 ª 2022 The Author(s).

Des résultats étonnants

Les chercheurs ont effectué des analyses génétiques sur les seize couples validés par la reconnaissance faciale. Les résultats ont été assez surprenants puisque neuf couples de sosies ont reçu la mention « ultra-sosies ». En effet, ces sosies présentaient des caractéristiques génotypiques très ressemblantes. Selon les scientifiques, ces ultra-sosies partagent pas moins de 19 000 nucléotides se trouvant dans 3 700 gènes.

Les chercheurs ont tenté d’aller encore plus loin en comparant des facteurs qui ne concernent ni les gènes, ni l’épigénétique ou encore le microbiote. Or, si les motifs de méthylation de l’ADN (c’est-à-dire une des modifications épigénétiques possibles) sont seulement présents pour une paire de sosies, les ultra-sosies ont en commun plusieurs caractéristiques épigénétiques. Par ailleurs, des analyses du microbiote ont permis de comprendre que ces couples partagent aussi certaines habitudes de vie. Autrement dit, il s’agit là d’une nouvelle preuve que la génétique influe aussi sur le comportement.

Malgré ces résultats, l’étude est critiquable. Premièrement, le nombre de sosies est assez faible, si bien qu’il ne faut pas prendre l’interprétation des résultats pour argent comptant. Citons également le fait que les photos de l’étude sont en noir et blanc, ce qui masque certaines caractéristiques physiques, par exemple les variations au niveau de la couleur de la peau. Enfin, les volontaires sont quasiment tous caucasiens, si bien que les résultats ne peuvent pas se transposer aux autres groupes ethniques.