in

Hera : comment l’Europe va explorer les conséquences d’un impact d’astéroïde

Crédits : Ron Miller

À l’automne prochain, après avoir parcouru plus de sept millions de kilomètres, un vaisseau se jettera sur un petit astéroïde dans le but de modifier sa trajectoire dans le cadre de la mission DART. Quelques années plus tard, une sonde nommée Hera, lancée par l’agence spatiale européenne, se chargera d’évaluer les conséquences de cet impact.

Une petite frappe préventive

L’une des options avancées pour nous défendre contre de possibles menaces d’astéroïdes suggère de modifier la trajectoire des objets concernés. Pour évaluer le potentiel de cette option, la NASA et l’Agence spatiale européenne (ESA) ont développé la mission DART (pour Double Asteroid Redirection Test). La mission a été lancée avec succès ce mercredi 24 novembre à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX, depuis la Californie.

À l’automne 2022, le vaisseau DART se placera en orbite autour d’une paire d’astéroïdes binaires composée d’un objet « parent » de 780 m de diamètre autour duquel évolue une petite roche de 160 m. L’objectif de cette mission sera de venir s’écraser sur cette petite lune dans le but de modifier son orbite. L’équipe observera ce changement de trajectoire en mesurant son degré de réflectance (évolution de sa luminosité).

Sur place, un petit CubSat, développé par l’agence spatiale italienne, se chargera de photographier l’événement en se détachant du vaisseau DART une dizaine de jours avant l’impact. Nous en avons déjà parlé dans un précédent article. Aujourd’hui, on se focalise sur la troisième et dernière sonde intégrée à cette mission.

Des informations potentiellement cruciales

Développé par l’agence spatiale européenne (ESA), le vaisseau Hera sera chargé de cartographier le cratère d’impact de DART.

Selon les plans originaux, Hera devait être témoin de la rencontre suicidaire du vaisseau DART avec la petite lune. Toutefois, les hésitations initiales des États membres de l’ESA ont entraîné des retards de financement. En conséquence, ce vaisseau arrivera bien plus tard.

Selon le plan actuel, Michael Kueppers, en charge du projet à l’ESA, estime qu’Hera sera lancée en octobre 2024 pour arriver sur place fin 2026 ou début 2027. Ce n’est peut-être pas plus mal dans la mesure où la poussière générée par l’impact aura eu le temps de se dissiper, offrant à la sonde une vue plus claire des conséquences de cet événement.

dart hera
Illustration de la sonde Hera en orbite autour de l’astéroïde. Crédits : ESA

En plus de confirmer les mesures du petit CubSat italien, Hera pourrait également nous en apprendre énormément sur ces deux astéroïdes. En effet, si nous connaissons aujourd’hui leur orbite et leur taille respectives, nous ignorons encore tout de leur forme et de leur masse. Nous n’avons également aucune information sur leur composition et leur chimie.

Nous avons bien quelques suppositions. Les astronomes pensent notamment que le plus grand astéroïde ne se présente pas en un seul bloc de pierre solide, mais plutôt comme un conglomérat de rochers et de cailloux lâchement maintenus ensemble par la gravité. Il en est peut-être de même pour sa petite lune. Or, ces informations peuvent être cruciales dans le cadre d’un plan de défense planétaire.

À terme, les détails recueillis par Hera aideront les chercheurs à développer une future possible mission visant à dévier un astéroïde sur une trajectoire de collision avec la Terre.