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Nous sommes tous entourés d’un nuage de bactéries qui nous est propre

Crédits : sbtlneet / Pixabay

C’est une très mauvaise nouvelle pour les hypocondriaques : vous marchez littéralement dans un nuage massif de bactéries. Ces bactéries sont issues de votre corps (peau, bouche…) et forment une extension de vous-même. Aucune douche ne peut vous débarrasser totalement de ce nuage de bactéries. 

Le « nuage microbien » personnel a fait l’objet d’une étude publiée dans le journal PeerJ, ce nuage est considéré comme la dernière expression du microbiome humain (ces dizaines de milliers de milliards de consorts microbiens qui vivent en vous et sur vous, plus nombreux que vos propres cellules corporelles. Ce qui est réellement intéressant dans cette étude, c’est la découverte du côté personnel de ce nuage, en effet il peut différer totalement d’une personne à l’autre.

« Nous nous attendions à pouvoir détecter le microbiome humain dans l’air autour d’une personne, mais nous avons été surpris de constater que nous avons pu identifier la plupart des occupants tout en échantillonnant leur nuage microbien. Nos résultats confirment que l’espace occupé est distinct, au niveau microbien, d’un espace inoccupé et démontrent pour la première fois que les individus libèrent leur propre nuage microbien personnalisé », témoigne James Meadow, dans son papier écrit conjointement avec ses collègues de l’Université de l’Oregon. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont installé 11 sujets humains, âgés de 20 à 33 ans, dans des chambres expérimentales fortement assainies et ont prélevé des échantillons d’air à intervalles réguliers. Ils ont extrait l’ADN présent sur les particules en suspension et ont séquencé le gène 16S, un code-barres génétique qui distingue les différents groupes de bactéries.

D’après les chercheurs : « Le caractère identifiable potentiel que nous rapportons pour les nuages microbiens personnels suggère clairement la possibilité de mettre au point une application, par exemple pour détecter la présence passée d’une personne dans un espace intérieur. Ces applications nécessiteront certainement des recherches plus poussées ; les modèles que nous avons trouvés sont susceptibles d’être plus nuancés dans une foule d’occupants, dans un espace intérieur plus grand, ou en présence de poussière remise en suspension. » Une étude qui pourrait également améliorer les systèmes de sécurité afin de déterminer qui entre et sort d’un bâtiment, par exemple. Affaire, à suivre.

Source : PeerJ