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Nous sommes bien faits de « poussières d’étoiles »

Crédits : Pixabay / skeeze

Les six éléments chimiques principaux qui constituent la vie sur Terre sont bien présents sur toutes les étoiles qui ont été étudiées par un groupe d’astronomes du Sloan Digital Sky Survey (SDSS), un programme lancé en 2000 qui fait des relevés sur les objets célestes.

L’astrophysicien Hubert Reeves, auteur de « Poussières d’étoiles », l’astronome Carl Sagan auteur de la phrase « Nous sommes faits de poussière d’étoiles » ou dans un tout autre domaine, l’artiste Moby, auteur de « We are all made of stars » (nous sommes tous faits d’étoiles) avaient donc tous bien raison.

Le corps humain est composé à 97 % des six éléments suivants : carbone, hydrogène, azote, oxygène, phosphore et soufre, regroupés sous l’appellation CHNOPS. Au Nouveau-Mexique, un groupe d’astronomes du Sloan Digital Sky Survey (SDSS), un programme lancé en 2000 qui fait des relevés sur les objets célestes, a utilisé le spectrographe infrarouge APOGEE afin d’analyser la composition en CHNOPS de près de 165 000 étoiles présentes dans la Voie lactée. « C’est la première fois que nous pouvons étudier la distribution de ces éléments à travers notre galaxie pour un si grand nombre d’étoiles », déclare Sten Hasselquist de l’université du Nouveau-Mexique.

D’après S & A, APOGEE perce les nuages de gaz et de poussières qui parasitent les observations pour révéler les signatures de différents éléments dans l’atmosphère des étoiles et obtenir un spectre « propre » de chacune des étoiles qu’il vise. Il a ainsi été capable d’identifier l’ensemble des six éléments chimiques propres à la vie sur Terre dans chacune des étoiles étudiées.

C’est le centre de la Voie lactée qui était le plus abondant en éléments CHNOPS dispersés à travers toutes ses étoiles et les proportions diffèrent évidemment par rapport au corps humain. Par exemple, ce dernier est composé de 67 % environ d’atomes d’oxygène et seulement moins de 1 % en moyenne dans les étoiles chez qui c’est l’hydrogène qui domine largement.

Identifier ces éléments est très important pour la recherche de traces de vie passée ou présente. « Nous sommes maintenant en mesure de cartographier l’abondance de tous les éléments majeurs trouvés dans le corps humain à travers des centaines de milliers d’étoiles dans notre Voie lactée. Cela nous permet de placer des contraintes sur quand et où dans notre galaxie, la vie disposait des éléments nécessaires pour évoluer, une sorte de “zone habitable Galactique temporelle” (temporal Galactic habitable zone) », déclare Jennifer Johnson de l’Université d’état de l’Ohio.

Certaines de ces étoiles étudiées (environ 90) sont également ciblées par Kepler, le satellite qui a pour mission principale la découverte d’exoplanètes. Si le satellite découvre la présence d’exoplanètes dans le système de ces étoiles concernées, ces nouvelles données pourront servir à choisir celles qui seront étudiées en priorité pour la recherche de vie.

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