Des chercheurs font une sombre découverte à Pompéi

prison-boulangerie Pompéi
La « prison-boulangerie » récemment fouillée était un petit espace où des hommes et des femmes réduits en esclavage travaillaient avec des ânes pendant des heures afin de moudre du grain pour en faire du pain. Crédits : Parc archéologique de Pompéi

Des fouilles en cours dans l’ancienne ville romaine de Pompéi, en Italie, ont révélé une découverte surprenante : une boulangerie-prison dévoile en effet un aspect sombre du passé de la ville. Cette structure confinait à l’époque des esclaves et des ânes, les obligeant à moudre du grain pour produire du pain, une tâche laborieuse qui prenait des heures.

L’ancienne cité de Pompéi fut ensevelie sous des cendres volcaniques lors de l’éruption dévastatrice du mont Vésuve en 79 après J.-C. La ville, redécouverte au 18e siècle, offre aujourd’hui un aperçu fascinant de la vie quotidienne à l’époque romaine. Les fouilles archéologiques ont mis au jour des rues pavées, des maisons richement décorées, des temples, des théâtres et des installations publiques, permettant aux chercheurs de reconstruire en détail la vie de ses habitants.

Les récentes fouilles à Pompéi ont ajouté une couche supplémentaire à notre compréhension de cette ville antique.

Une cellule pour moudre du grain

Les archéologues ont mis au jour ce que les archéologues appellent une boulangerie-prison. Cette structure est située dans une maison de la région IX, Insula 10. Pour rappel, Pompéi est divisée et organisée pour les besoins des fouilles archéologiques. La cité est notamment fractionnée en plusieurs régions numérotées. Chaque région est une zone géographique de la ville.

Ces régions sont ensuite subdivisées en îlots, appelés « insula » au singulier et « insulae » au pluriel. Chaque insula est un bloc d’habitations délimité par des rues. L’Insula 10 est donc le dixième bloc d’habitations dans la neuvième région de Pompéi.

La boulangerie-prison en question était un espace confiné où des esclaves et des ânes étaient contraints de moudre du grain pour la fabrication du pain. Plus précisément, la meule du boulanger, située dans la pièce centrale à côté de l’écurie (identifiable par la présence d’une mangeoire), était déplacée par un couple composé d’un âne et d’un esclave.

En plus du déplacement de la meule, cet esclave supervisait également le processus de broyage, ajoutait du grain et collectait la farine. D’après un communiqué, les rainures dans le sol montrent également des signes d’usure dus aux mouvements répétitifs au fil des ans.

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Les ânes avaient souvent les yeux bandés pendant leur travail pour éviter d’être effrayés. Crédits : Parc archéologique de Pompéi

La pièce exiguë, dépourvue de vue sur l’extérieur (de petites fenêtres à barreaux en hauteur fournissaient la seule source de lumière), offre un aperçu du traitement brutal infligé aux esclaves à cette époque et souligne l’importance de comprendre ces aspects sombres de l’histoire pour mieux appréhender les changements sociaux et les mouvements religieux qui ont émergé à cette époque.